L'essentiel
- Au début de la guerre en Iran, une attaque a touché une école primaire pour filles.
- La frappe aurait causé la mort de plus de 150 personnes, majoritairement des enfants.
- Les États-Unis, accusés d'avoir utilisé un missile américain, n'encourent pas de sanctions selon le droit international.
Des petites chaussures ornées de motifs colorés jonchent le sol, alors qu'un cartable tâché de sang émane un témoignage horrible. Lors du premier jour de la guerre en Iran, déclenchée par les États-Unis et Israël, une école primaire pour filles à Minab a été ciblée par un bombardement. Selon l'Unicef, le tragique bilan pourrait s'élever à 168 victimes, avec un nombre indéterminé de blessés, ce qui a été corroboré par le New York Times.
Dès la première alerte, Donald Trump a rejeté la responsabilité, insinuant que l'attaque était le fait de l'Iran. Cependant, un rapport de l'organisme d'investigation Bellingcat révèle que le missile, identifié comme un Tomahawk, n'est possédé que par les États-Unis. Le New York Times a confirmé cette analyse, ajoutant que le missile aurait également frappé une base navale toute proche.
Un crime de guerre clairement établi
Human Rights Watch appelle à une enquête approfondie pour crime de guerre, exigeant des poursuites contre ceux qui ont commis cet acte. Marie-Laure Basilien Gainche, spécialiste en droit public à l’Université Jean Moulin Lyon 3, déclare : "À travers le droit international humanitaire, la protection des civils est fondamentale. Les frappes ciblant ouvertement des civils sont strictement interdites," ajoutant que cette attaque relève clairement d'une violation majeure des lois internationales.
Céline Bardet, juriste spécialisée en droit international, ajoute : "Il est inacceptable que les forces armées modernes commettent une telle erreur dans un contexte clairement définissable." Même si l'école est intégrée à un complexe militaire, elle bénéficiait clairement de protections spécifiques.
L'échec du droit international
Malgré l'absence de leviers juridiques contraignants, la même loi semble impuissante à tenir les États-Unis pour responsables. Bien que la Cour pénale internationale (CPI) puisse engager des poursuites, l'absence de reconnaissance par les États-Unis complique considérablement toute enquête, comme le souligne Marie-Laure Basilien Gainche.
Les Nations Unies, incarnées par la Cour internationale de justice, sont également limitées, ne pouvant juger que des États, et non des individus. Bien que l'organisation puisse entamer des enquêtes sur les violations des droits de l'homme, le chemin vers des sanctions concrètes est semé d'embûches. Marie-Laure conclut : "Sans le soutien d'un consensus international, des violations de cette ampleur resteront impunies, en particulier lorsque les violations émanent de puissances comme les États-Unis.”
Une lueur d'espoir dans le droit américain
Céline Bardet souligne une possible réponse au niveau américain : "Le code militaire américain permet des poursuites pour crimes de guerre, même si elles restent rares." Une enquête par le Pentagone est déjà en cours sur cette frappe. Cependant, la réalité rappelle les échecs passés, comme l'attaque contre l'hôpital de Médecins Sans Frontières en 2015, qui s'est soldée par un manque de responsabilité pour les pertes humaines engendrées.
Malgré ces obstacles, les ONG continuent d'exercer une pression, collectant et archivant des informations vitales pour maintenir la mémoire des événements et, potentiellement, ouvrir la voie à des poursuites futures.







