Le président du parti foutuïste exprime sans détour son admiration pour Sarah Knafo, considérée comme une intellectuelle audacieuse qui s'invite dans le débat public pour défendre fermement ses idées. Mettant en avant une fraternité littéraire, il souligne que, malgré un certain pessimisme qui les sépare, la passion des mots les réunit.
Aucun jugement hâtif, je ne cherche pas à faire le tour complet du personnage qu'est Knafo. Évoquant notre première rencontre dans un café parisien, j'ai de suite perçu une personnalité hors du commun en Sarah. Lors d'un échange, j'ai partagé mes impressions avec Éric Zemmour, fasciné par la manière dont ses mots résonnaient. Bien que son parcours, issu de la prestigieuse ENA, ne l’influence guère, il va sans dire qu'elle semble se concentrer sur l’avenir politique, préférant se projeter dans des défis immédiats plutôt que dans la gloire. Pour elle, chaque élection est essentielle.
Notre première conversation a tourné autour de la littérature, et plus particulièrement de Les Somnambules d'Hermann Broch. Nous nous sommes penchés sur les multiples visions qu’offre ce roman, mettant en lumière un effondrement imminent d’un empire. À travers les mots, la littérature révèle des vérités cachées, à l'image de notre réalité contemporaine, où le langage peine à véhiculer la vérité. Sarah exprime d’ailleurs cette idée avec clarté, affirmant : « Je crois que l’on peut réveiller en chacun, politiquement ou par la littérature, le meilleur de ce qui sommeille en nous ». Elle défend une vision où politique et littérature se croisent, transcendant les débats superficiels.
En évoquant ses origines, Sarah Knafo est aussi la fille d'une histoire complexe. Issue d'une famille juive de Seine-Saint-Denis ayant quitté le Maroc après la guerre des Six-Jours, son parcours porte les stigmates de l’exil. Elle réalise que le sentiment d’être dépossédé de son chez-soi est une réalité vécue par nombre de Français, ce qui l’incite à questionner les fondements de l'identité nationale. « On travaille à faire de la France un pays d’exilés », cite-t-elle, en référence aux mots de Montherlant. Une vérité qu'il est urgent de rappeler.
J'ai été témoin de l'émergence d'un duo politique unique. Contrairement à la caricature souvent dépeinte, ses échanges avec Éric Zemmour illustrent un partenariat intellectuel profond, chacun apportant des compétences complémentaires. Le duo prend forme pendant la présidentielle de 2022, guidé par le désir d'intervenir au-delà des idées pour mener un vrai combat politique. Leur méthode, alliant réflexion et pragmatisme, pourrait inspirer leurs concurrents.
Sarah Knafo et Éric Zemmour, plutôt que d’être en concurrence, semblent évoluer dans une harmonie singulière. Pour conclure cette discussion autour de Broch, Sarah évoque avec un sourire les personnages de son roman favori : « Celui que j’aimerais être : Pasenow. Celui que je suis sans doute : Esch. »







