Dans une récente interview sur franceinfo, Chirinne Ardakani, avocate et présidente de l'ONG Iran Justice, a abordé les frappes controversées des États-Unis et d'Israël contre des infrastructures civiles iraniennes. Selon elle, ces actions risquent de causer des souffrances supplémentaires à la population déjà fragile du pays.
Sonia Chironi : Les frappes ont-elles un impact concret sur le régime iranien ?
Chirinne Ardakani : Il est indéniable que les guerres coûtent des vies innocentes. Plus de 1 200 civils ont été tués, y compris des enfants, laissant entendre que ces frappes ne se limitaient pas à des objectifs militaires. L'Iran n'est pas la seule nation à subir des conséquences désastreuses des conflits ; en effet, des milliers de civils, y compris des jeunes manifestants, ont déjà perdu la vie sous la répression de leur propre gouvernement.
Vous avez exprimé votre opposition à cette guerre. Que pensent les iraniens ?
En tant qu'avocate, je crois que la guerre ne devrait pas être la solution à nos problèmes. Les Iraniens se retrouvent face à la brutalité de leur gouvernement, sans soutien efficace de la communauté internationale même durant les moments les plus critiques de la répression.
Nathalie Saint-Cricq a demandé comment les Européens pouvaient aider la population iranienne. Chirinne a souligné qu'il est impératif d'intervenir de manière légale et humanitaire, comme avec des forces de paix pour protéger les civils. Ce type de soutien doit se faire à travers le Conseil de sécurité de l'ONU.
Est-il réaliste de croire que des casques bleus pourraient arrêter les violations des droits humains en Iran ?
Historiquement, des résolutions pour protéger les droits des civils ont été adoptées, et il est de notre devoir d'agir quand des crimes contre l'humanité sont suspectés. Cependant, les intérêts politiques et les blocages, notamment de pays comme la Chine et la Russie, entravent toute avancée possible dans ce sens.
Enfin, elle a souligné que la situation actuelle condamne les Iraniens à choisir entre la violence de leur gouvernement et les frappes étrangères, tout en regrettant le manque d'options viables. "Les Iraniens méritent mieux que ce choix tragique", a-t-elle conclu.
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