L'essentiel
- L'île de Qeshm, s'étendant sur 1 500 km², est stratégiquement située sur le détroit d'Ormuz, clé du transport mondial de pétrole, tout en étant une destination touristique avec des sites classés UNESCO.
- Des installations militaires des Gardiens de la Révolution, incluant des bases navales et des centres de missiles souterrains, coexistent avec les attractions touristiques.
- Les usines de dessalement de l'île fournissent de l'eau douce à des millions, une ressource devenue cible d'attaques, suscitant des inquiétudes sur un possible conflit autour de l'eau.
La guerre qui oppose les États-Unis et Israël à l'Iran, en plein essor au Moyen-Orient, révèle des enjeux bien au-delà des blessures humaines. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite une fraction significative de la consommation mondiale de pétrole, représente la pierre angulaire des préoccupations géopolitiques, comme l'a récemment souligné Le Monde. Dans ce contexte, l'île de Qeshm, un paradis habituellement admiré pour ses paysages magnifiques, sert également de base opérationnelle aux forces iraniennes.
Localisée face à la ville de Bandar Abbas et à proximité de Dubaï, Qeshm, la plus grande île du Golfe Persique, attire les touristes pour ses sites naturels impressionnants tels que le Géoparc classé UNESCO et la vallée des étoiles. En des temps plus paisibles, elle avait même séduit plusieurs guides touristiques, comme l'indique Le Routard.
Installations militaires camouflées par le tourisme
La façade touristique de Qeshm masque des installations militaires critiques. Des bases navales, visibles depuis des images satellites, abritent des catamarans lance-missiles et des vedettes rapides, comme le rapporte BBC. Sur la côte sud, des infrastructures d'apparence anodine dissimulent des équipements militaires hautement sophistiqués.
Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) affirme que des complexes de missiles sont cachés sur l'île, renforcés par des structures de protection robustes. De plus, des installations pour drones, telles que les modèles Shahed-171, font partie du paysage militaire croissant de Qeshm, tandis que des sources israéliennes comme Alma confirment leur présence.
Sur le plan des ressources, Qeshm est stratégique pour son eau douce. Des usines de dessalement vitaux approvisionnent des millions de personnes. Récemment, l'une d'elles a été touchée par une frappe attribuée à Israël, entraînant des représailles de l'Iran, comme l'indique un rapport du CAREP. Cela soulève des craintes d'un conflit émergent axé sur les ressources en eau.
Ainsi, l'île de Qeshm se trouve à la croisée des chemins entre incroyables richesses dont elle dispose et les tensions militaires croissantes qui la traversent. Un équilibre fragile qui pourrait bien décider du sort de cette perle touristique iranienne dans les temps à venir.







