Le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, de gauche, a décidé d'avancer seul vers le second tour des élections municipales, appelant chacun à assumer ses responsabilités face au Rassemblement National (RN), qui menace la ville. Sa position a suscité de vives critiques au sein de la France Insoumise (LFI) qui continue de participer aux élections.
Après avoir formellement écarté l'idée d'une alliance avec le député insoumis Sébastien Delogu, Payan, 48 ans, a officiellement déposé sa liste en préfecture, entouré de ses soutiens, affichant une détermination remarquable.
Il a affirmé : "Face au Rassemblement National, il n'y a place ni pour des compromis, ni pour des arrangements. Il est essentiel d'envisager l'unité et la clarté dans nos approches".
Le maire, qui dirige une coalition à dominante de gauche, écologiste et citoyenne, est arrivé en tête avec un score de 36,70 %, devançant de justesse le candidat RN Franck Allisio, qui a obtenu 35,02 %. Cet écart a renforcé sa décision de continuer seul, bien qu'il ait reconnu qu'une victoire du RN constituerait "un véritable séisme" pour cette ville méditerranéenne, riche de ses diversités culturelles.
Pour LFI, débarquant avec un score de 11,94 %, la question d'une éventuelle union devient urgente et préoccupante. Lundi soir, près de 500 personnes se sont réunies devant l'Hôtel de ville pour prôner une alliance à gauche.
"Je suis dégoûtée par l'attitude de Payan. Pour combattre le FN, il faut une vraie politique de gauche. Il met en danger la ville", a déclaré Myriam Quatrini, enseignante-chercheuse, lors d'une intervention à l'AFP.
Réagissant via les réseaux sociaux, Jean-Luc Mélenchon a qualifié de "consternante irresponsabilité" la décision de Payan, affirmant qu'il préférait le risque de l'extrême droite à une collaboration avec LFI. Sébastien Delogu a quant à lui mis les pendules à l'heure, indiquant qu'un délai was fixé jusqu'à mardi pour envisager le dépôt d'une liste d'union.
Dans un esprit de résignation, certains militants marseillais ont souligné l'essentiel : "Il est crucial que la gauche ne perde pas cette ville. Chacun sait ce qu'il doit faire pour éviter cela", a exprimé Fabien, un militant local.
Concernant la droite, Martine Vassal a enfin pris la parole, affirmant que ses courants doivent rester visibles malgré un score décevant de 12,41 %. Franck Allisio a moqué ses chances, prédisant un futur compliqué pour elle.
Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, a également réagi, soulignant l'importance du maintien de la métropole sous leur influence malgré les résultats, ajoutant une dimension politique complexe à ce scrutin.
Le taux de participation à cette élection a été de 52,17 %, inférieur à la moyenne nationale, montrant ainsi un véritable doute au sein de l'électorat marseillais. Pour certains citoyens, comme Sandra Dahan, commerçante, l'idée d'un changement mené par Allisio à Marseille est encourageante.
"Avec le RN, tout est incertain, mais espérons que ce sera mieux", s'inquiète Béatrice Paul, une habitante de 62 ans, alors que le second tour approche à grands pas.







