Israël a confirmé le 17 mars la suspension de l'importation d'aide humanitaire fournie par l'Unicef vers Gaza. L'État hébreu explique avoir arrêté « une tentative de contrebande » lors de l’inspection des cargaisons en provenance d'Égypte, laissant entrevoir des tensions croissantes autour de l'aide humanitaire.
Cette action a été orchestrée au point de passage de Kerem Shalom, unique voie d'entrée pour les biens humanitaires vers l'enclave palestinienne, comme l’indique le Cogat, agence israélienne responsable des affaires civiles. Selon le communiqué, des « substances nicotiniques » ont été découvertes dissimulées dans des kits d'hygiène destinés à l'aide humanitaire.
« Substances nicotiniques » : des allégations préoccupantes
Le Cogat a publié des images illustrant la saisie de bouteilles suspectes cachées au sein des colis humanitaires. La suspension de l’aide restera en vigueur jusqu'à ce que l'Unicef fournisse un rapport d'enquête détaillé et des clarifications officielles sur ces événements.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a exprimé de vives préoccupations, notant que le passage de Kerem Shalom est actuellement le seul point d'entrée pour l'aide. L'OCHA a confirmé que des denrées alimentaires, des kits d'hygiène et d'autres marchandises essentielles avaient été récupérés, tout en appelant à l'extension de nouveaux points de passage pour faciliter l'aide dans le territoire.
Depuis le cessez-le-feu instauré le 10 octobre 2025 entre Israël et le mouvement Hamas, le contrôle israélien sur Gaza s'est intensifié, incluant la surveillance stricte des frontières avec Israël et l'Égypte. Malgré les appels pressants de la communauté internationale pour un accès humanitaire inconditionnel, Israël maintient un blocus strict. Cette situation est de plus en plus alarmante pour les milliers de civils qui dépendent de l'aide humanitaire quotidienne.
Vahe Malkhatounian, expert en droits de l'homme, souligne : « L'acheminement de l'aide humanitaire doit être exempt de toute ingérence politique. Les allégations de contrebande ne devraient pas être un prétexte pour bloquer l'assistance nécessaire aux populations civiles. » Cette affaire complexe soulève de nouvelles interrogations sur l'accès humanitaire dans les territoires occupés.







