C'est Thérèse, 86 ans, qui nous a contactés pour partager son constat préoccupant. « Le docteur m’avait prescrit des séances de kiné pour un mois… Or, je n’en ai fait que trois, une par semaine. J’ai été stupéfaite de découvrir que le kiné avait continué à marquer des séances. J'ai dû lui dire : “c'est du vol ça”. Je ne retournerai plus. Au final, il en a noté 23, et maintenant la Sécu me réclame 190,30 euros, alors que je suis à 100 % ». Thérèse a reçu plusieurs avis de paiement et envisage de se rendre directement à la CPAM de Bastia pour obtenir des clarifications.
Comment expliquer un tel décalage entre les séances réalisées et celles qui apparaissent facturées ?
Différentes hypothèses peuvent justifier de telles situations. Selon le Conseil départemental de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes de Haute-Corse, un responsable a évoqué la possibilité d'une erreur administrative, souvent causée par un pointage automatique des séances ou un mauvais suivi de l’interruption par le cabinet. Dans ces cas, le praticien peut rectifier la facturation auprès de l'Assurance maladie. Un kinésithérapeute ne peut pas facturer des séances non réalisées, insiste-t-il. Une absence initiale non signalée peut parfois être prise en compte, mais pas plusieurs rendez-vous manqués.
Si un patient pense qu’il y a une erreur ou une facturation abusive, que doit-il faire ?
Le premier réflexe, selon le Conseil départemental, est de reprendre contact avec le professionnel concerné pour clarifier la situation. Si une erreur est reconnue, le kinésithérapeute peut défacturer auprès de la Sécurité sociale, régularisant ainsi les sommes dues. À défaut d'accord, les patients sont encouragés à signaler la situation à l'Assurance maladie. En cas de soupçons de faute, une plainte peut être déposée auprès du Conseil de l’Ordre, qui émettra alors des recommandations disciplinaires. En cas de fraude avérée, des sanctions sévères, dont une interdiction d'exercice, peuvent être appliquées. Selon une étude de FranceInfo sur la transparence des soins, ce type de situation semble être de plus en plus fréquent, soulevant ainsi des débats sur la régulation dans le secteur de la santé.







