À Damville, Didier est un artiste dont le travail sur l'os de bœuf et l'ivoire végétal étonne et fascine. Peu nombreux sont ceux qui pratiquent cet art ancestral, autrefois courant, où l'os était un matériau courant dans la fabrication d'objets du quotidien. Comme il le souligne, "avant, l'os était la norme dans de nombreux objets, des boutons aux cure-dents, car nous avions moins de déchets". Mais l'évolution technologique a remplacé ces traditions par des matériaux synthétiques, moins chers et plus pratiques.
Enfance et découverte de l'artDidier a découvert la sculpture sur os par hasard, lors d'une expérience enfantine avec un tibia de bœuf. Il se souvient : "Mon père a accidentellement déterré un os que j'avais enterré dans le jardin". C'est ainsi qu'il décide de transformer les restes d'animaux en œuvres d'art, en taillant pour sa compagne Christine, fan de tabac à priser, une boîte sculptée dans l'os de chien.
Matériaux de prédilectionClarifions les choses : Didier travaille principalement l'os de bœuf et l'ivoire végétal, dont il a appris à maîtriser les spécificités. L'ivoire végétal, issu de la graine de corozo, utilise des ressources renouvelables et ne menace donc pas les espèces animales. "C'est incroyable ce qu'on peut faire avec, et la qualité est comparable à l'ivoire d'éléphant", explique Didier. Il sculpte des bijoux, des objets décoratifs et bien plus encore.
Un atelier singulierL'atelier de Didier est un lieu peu conventionnel. Les outils qu'il utilise sont souvent adaptés de manière personnelle, comme un flexible de dentiste pour sculpter. L'odeur de l'os, mêlée à celle de la poussière, remplie son espace de travail alors qu'il crée des œuvres délicates au son de la musique de ses instruments. "C'est un univers unique qui m'inspire chaque jour", raconte-t-il en souriant.
Œuvres reconnuesLes œuvres de Didier ne se contentent pas d'être exposées localement. Elles ont voyagé jusqu'aux États-Unis, où un manche de couteau façonné par lui a été commandé par Noah Hawley, le créateur de la série Alien-Earth. "C'est un honneur de savoir que mon travail touche même des créateurs de télévision", confie Didier, visiblement touché par cette reconnaissance.
Un avenir prometteurBien que Didier ait atteint un âge où il préfère travailler dans l'intimité de son atelier, il demeure passionné et curieux. Sa créativité débordante continue de l'animer, tant qu'il trouve matière à sculpter. "Je resterai sculpteur tant que j'aurai des os à travailler, et la moelle de mon inspiration ne se tarira jamais!" conclut-il, avec un sourire complice et déterminé.







