Airbus, le géant européen de l'aéronautique, a décidé de passer à l'action. Selon une enquête de Reuters, l'avionneur a pris des mesures juridiques à l'encontre de son motoriste, Pratt & Whitney, pour réclamer des dommages et intérêts. Cette démarche fait suite à de récurrents retards dans la livraison de moteurs, essentiels pour ses modèles à succès tels que l'A320neo, qui, selon nos sources, représente environ 40 % des ventes d'Airbus.
La frustration grandissante au sein d'Airbus a été exprimée par son PDG, Guillaume Faury, qui avait déjà mentionné la possibilité de cette action en justice le mois dernier. "Nous n'hésiterons pas à défendre nos droits contractuels", a-t-il déclaré, soulignant l'impact de cette situation sur les compagnies aériennes clientes qui dépendent d'une livraison ponctuelle. L'arbitrage semble être la voie choisie pour résoudre ce litige, une méthode couramment utilisée dans l'industrie aérospatiale pour traiter les différends commerciaux.
Des avions immobilisés, une situation préoccupante
Actuellement, des centaines d'avions monocouloirs sont immobilisés en raison de retards accumulés. Ces blocages sont exacerbés par des délais d'attente prolongés pour des inspections et des réparations de moteurs, conséquence d'un problème de fabrication chez Pratt & Whitney, découvert en 2023. Cette situation met une pression supplémentaire sur les chaînes d'approvisionnement déjà tendues.
Airbus accuse Pratt & Whitney, ainsi que sa maison mère RTX, de concentrer leurs efforts sur les activités de maintenance, génératrices d'un chiffre d'affaires très significatif, au détriment de la livraison de nouveaux moteurs. En effet, depuis la pandémie, le secteur fait face à un défi majeur : jongler entre les besoins de réparation des flottes et la fabrication de nouveaux moteurs pour l'aviation commerciale.
Chris Calio, le PDG de RTX, a reconnu en janvier dernier que son entreprise devait trouver un « équilibre juste ». Il a néanmoins ajouté que les livraisons des moteurs avaient augmenté de 50 % l'année précédente. De son côté, Airbus estime que "l’incapacité de Pratt & Whitney à respecter les engagements de livraison a des conséquences négatives sur nos objectifs de production pour cette année". Cette situation en cours pourrait redéfinir les relations au sein de l'industrie aéronautique et engendrer des changements significatifs dans les pratiques de gestion de la chaîne d'approvisionnement.







