Alors que l'Europe prend des mesures de restriction en matière d'immigration, l'Espagne arbore une position distinctive en engageant un vaste programme de régularisation pour 500 000 sans-papiers, en grande partie originaires d'Amérique latine. Cette initiative vise à soutenir la croissance économique espagnole tout en répondant à la pénurie de main-d'œuvre dans divers secteurs.
La décision de l'Espagne intervient alors que plusieurs pays européens et les États-Unis durcissent leurs politiques migratoires. Le gouvernement espagnol, dirigé par le Premier ministre Pedro Sanchez, adopte une approche contraire en cherchant à intégrer des immigrés pour combler les postes vacants et renforcer la population active. Dans une déclaration le 27 janvier 2026, Sanchez a exprimé : "Nous ouvrons la voie à la régularisation des immigrés car l'Espagne est riche, diverse et accueillante." Ce nouveau plan permettra aux travailleurs clandestins, présents sur le territoire depuis au moins cinq mois et entrés avant la fin 2025, d'obtenir un permis de séjour d'un an, renouvelable.
Cependant, cette initiative n’est pas sans controverses. L'extrême droite espagnole a vivement critiqué ce projet, mis en œuvre par décret royal, ce qui permet d'éviter le passage par le Parlement. À Bruxelles, des voix s'élèvent contre cette décision, certains la qualifiant d'"irresponsable". L'eurodéputé Xavier Bellamy du Parti populaire européen a averti qu'il s'agit d'un "danger pour toute l’Europe", arguant que cela pourrait faciliter la libre circulation de personnes ayant pénétré illégalement en Espagne.
"50% de la croissance espagnole depuis 2022 est due à la présence des travailleurs étrangers"
Pour défendre cette mesure, Elma Saiz, porte-parole du gouvernement et ministre des Migrations, a affirmé : "Le permis de travail permettra de travailler légalement et vise à reconnaître les contributions des migrants déjà présents." Des données récentes soutiennent cette affirmation, confirmant que près de la moitié de la croissance économique espagnole depuis 2022 peut être attribuée à l'apport des travailleurs étrangers.
Cette initiative répond à un double besoin : d'une part, l'Espagne cherche à résoudre une crise de main-d'œuvre, et d'autre part, elle s'efforce d'attirer des profils qualifiés. Un exemple frappant est celui d'Inpro, une entreprise familiale de Madrid spécialisée dans la fabrication de systèmes de pompes pour des centres de données et des hôpitaux à l'international. Cristina Sanz Ortiz, la directrice générale de l'entreprise, a souligné l'importance des travailleurs immigrés : "Sans l'arrivée de ces personnes, il serait impossible de maintenir nos opérations, d'autant plus que nos marchés s'étendent à 60 pays."
Ces informations sont extraites de l'émission "Espagne, une voix singulière" diffusée dans Nous les Européens le 26 mars 2026.
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