REPORTAGE. Dans la Beqaa, région fortement marquée par les tensions et les frappes israéliennes quotidiennes, l'école chrétienne Notre-Dame de la Tour s'affirme comme un bastion d'espoir. En dépit des dangers, cette institution maintient ses portes ouvertes pour accueillir ses 441 élèves.
Établie à Deir el Ahmar, Notre-Dame de la Tour est la seule école de la région à offrir un enseignement en présentiel. En effet, de nombreuses écoles aux alentours ont dû fermer leurs portes, soit par crainte des attaques, soit pour abriter des personnes déplacées. Sr Rima Maalouf, directrice de l'établissement, déclare : "Notre congrégation s'engage pleinement en dépit des bombardements. Il est crucial pour nous que les enfants continuent d'apprendre, cela leur offre une pause face au stress qu'ils vivent chez eux."
Une école devenue refuge
Analogiquement à une bulle d'innocence, les enfants s'épanouissent à travers les activités scolaires, malgré la gravité de la situation. Sr Rima souligne que des familles déplacées trouvent refuge à l'école, leur permettant de poursuivre leurs études. Cependant, elle admet que la situation est précaire : "Nous avons accueillis des élèves qui ont dû fuir leur village en raison des frappes. Nous faisons de notre mieux pour maintenir une atmosphère sereine pour eux." En effet, près de Barqa, l'école publique a été fermée pour abriter une centaine de personnes en détresse.
Au sein de cette école catholique, l'engagement des enseignants est notable : de nombreux enseignants, tels qu'un professeur de français traversant chaque jour des zones à risque, continuent de dispenser des cours, défiant les dangers.
Les conséquences des conflits sur l'éducation
Alors que les conflits persistent, le stress psychologique sur les enfants et leurs familles est immense. Sandra, psychologue dans l'établissement, affirme : "Tous les élèves, parents ou non, ont besoin d'un soutien psychologique dans ces moments critiques." Le coût croissant des études constitue également un enjeu, car beaucoup de familles sont désormais incapables de payer les frais de scolarité.
Le soutien d'organisations comme l'Œuvre d'Orient est vital pour ces écoles affrontant des défis financiers. Sr Rima reste déterminée : "Nous n'aurons jamais recours à la fermeture de notre établissement. Chaque enfant mérite une éducation, peu importe les obstacles."
En dépit des incertitudes et de la peur, les jeunes élèves témoignent d'une volonté de vivre pleinement leur enfance à travers l'éducation. En effet, pour Sr Rima et son équipe, l'école est plus qu'un simple lieu d'enseignement, c'est un réel acte de résistance face à la adversité.







