Les pesticides sont détectables dans l’atmosphère de chaque région française, souligne Atmo France, qui a publié une carte interactive illustrant les zones les plus touchées.
Les pesticides sont désormais présents dans les airs partout en France, a indiqué Atmo France dans un rapport publié le lundi 30 mars. Cette nouvelle carte interactive révèle leur concentration dans l’atmosphère. Selon les données de 2022-2023 fournies par Atmo France, parmi les 72 substances étudiées, environ un tiers est détecté à des niveaux très faibles, tandis qu'une sur huit est quantifiée avec des variations selon les territoires et les saisons.
« Pratiquement la moitié des régions françaises atteignent, à un moment donné, les niveaux maximaux de certaines substances », précise Emmanuelle Drab-Sommesous, responsable des pesticides chez Atmo France.
Le glyphosate : une substance courante
Malgré tout, Atmo France souligne que ces données ne doivent pas être interprétées comme une alerte sanitaire. À l'inverse des particules fines, il n’existe à ce jour aucune norme réglementaire concernant les pesticides dans l'air. Cela complique l'évaluation des risques sanitaires associés.
Des substances comme le glyphosate, bien que détectées, le sont à des niveaux inférieurs à 0,1 ng/m3. Évalué comme « cancérigène probable » par l’OMS en 2015, son usage reste prohibé pour le grand public mais est encore autorisé pour les professionnels jusqu’en 2033.
D'autres produits, tels que le lindane, néfaste pour la santé humaine et l'environnement, continuent d'être détectés dans 61 % des prélèvements malgré leur interdiction depuis plus de 20 ans, selon les données d'Atmo France.
Un appel à l'action
On retrouve également dans l'air des fongicides comme le folpel utilisé en viticulture et le prosulfocarbe, un herbicide très volatil répandu dans les grandes cultures. La carte dévoilée est utile pour comparer les niveaux de concentration d'air en rapport avec les valeurs maximales déjà observées. « Elle vise à sensibiliser et à identifier plus facilement les situations anormales, permettant d’initier des actions, notamment parmi les décideurs publics », ajoute Emmanuelle Drab-Sommesous.







