Depuis le cessez-le-feu instable atteint le 10 octobre entre Israël et le Hamas, les conditions de vie à Gaza ont montré quelques signes d'amélioration. Néanmoins, les bombardements demeurent constants et la population continue de manquer des biens essentiels. "Il s'agit d'une situation comparable à celle d'un tsunami, la destruction est presque totale", a déclaré le père Gabriel Romanelli, curé de la seule paroisse catholique de Gaza, lors d'une interview diffusée sur France Inter le 1er avril.
Dans son livre Les ruines et la lumière, coécrit avec le journaliste Guillaume de Dieuleveult, il relate les défis quotidiens auxquels fait face la population de Gaza. Selon lui, "même si la situation semble s'améliorer sur certains points, la réalité sur le terrain reste désespérante, les bombardements continuent et la destruction touche de nombreux quartiers". Les aides humanitaires sont insuffisantes pour répondre à l'ampleur des besoins criants.
Une foi indéfectible en l’avenir
Cependant, le père Romanelli et d'autres personnes de bonne volonté s'efforcent de continuer à offrir des cours aux enfants de Gaza. "C'est une folie, mais ils ont besoin de nous. Nous ne pouvons pas les abandonner dans la détresse", souligne-t-il, insistant sur l'importance de leur offrir une lueur d'espoir face à la tragédie qu'ils vivent.
Il reconnaît que la situation est difficile à supporter, non seulement physiquement mais aussi psychologiquement. "Il semble que les enfants commencent à guérir, mais cela prendra énormément de temps", mentionne-t-il, évoquant les séquelles durables que laisse le conflit.
Ce qui attriste particulièrement le père Romanelli, c'est l'incapacité des belligérants à comprendre la souffrance de l'autre. Il rappelle les chiffres alarmants des pertes humaines : "1 200 morts en Israël le 7 octobre, plus de 70 000 à Gaza, sans parler des victimes en Cisjordanie. Cela illustre clairement la difficulté de comprendre la douleur de l'autre". De plus, des milliers de blessés continuent de souffrir, attendant désespérément une évacuation pour recevoir des soins médicaux.
Malgré les offres d'évacuation qui lui ont été faites, le père Romanelli refuse de quitter Gaza : "Tant que je suis curé ici, ma place est auprès de ceux qui en ont besoin. C'est ma responsabilité, je n'envisage pas de fuir".







