David Lisnard a officialisé sa désinscription des Républicains lors d'une réunion au Sénat, marquant son intention de briguer la présidence en 2027, confirmant ainsi ses désaccords avec son ancien parti sur la méthode de sélection du candidat de droite.
Au cours de cet entretien avec le président des LR, Bruno Retailleau, Lisnard a clairement indiqué sa volonté de se présenter seul si aucune primaire ouverte n'était mise en œuvre. Les deux hommes affichent des ambitions communes pour la droite, mais leurs approches divergent considérablement.
Dans une lettre de démission jugée "assez virulente", Lisnard a critiqué la présence de membres des Républicains au sein du gouvernement de Sébastien Lecornu. Une source proche du parti a précisé que cette rencontre avait été constructive, bien que Lisnard ait été moins virulent que lors de précédentes discussions sur la désignation du candidat à la présidentielle, qui a récemment été décidée par le bureau politique des LR.
La semaine précédente, Lisnard avait déjà exprimé son mécontentement face à la manière dont le candidat serait désigné, qualifiant l'annonce de "vote biaisé". En conférence de presse, il avait glissé : "Je ne suis pas d'accord avec ce qui est proposé", critiquant l'illusion selon laquelle les Républicains pourraient imposer un candidat compétitif pour le second tour.
Échappée solitaire
Cette menace de démission n'est pas nouvelle. En effet, Lisnard avait déjà laissé planer l'éventualité d'un départ lors de la crise provoquée par le refus de ses collègues d'initier une motion de censure contre le gouvernement. Dans une déclaration à BFMTV, il avait sous-entendu qu'il se retirerait bientôt du parti, étant déçu par les décisions prises concernant la candidature à la présidentielle.
Un cadre des Républicains a qualifié cette action de "réaction épidermique", soulignant que le maire de Cannes avait, par le passé, soutenu Retailleau lors de la course à la présidence des LR. Lisnard se déclare aujourd'hui en faveur de positions plus libérales, plaidant pour des réformes tournées vers la déréglementation et la décentralisation.
Des sources au sein des Républicains indiquent que cette rupture pourrait avoir été exacerbée par une pression interne de l'aile "Nouvelle Énergie" du parti. Cette faction soutient Lisnard dans le contexte des Alpes-Maritimes, où il bénéficie de l'alliance avec Éric Ciotti, un ancien patron des Républicains.
Le soutien de Ciotti pourrait ainsi ouvrir la voie à un renforcement de l'influence de Lisnard sur la droite française, même si des discussions sur une éventuelle réconciliation restent en cours, comme le suggèrent certains observateurs.







