Un groupe sur les réseaux sociaux a récemment appelé à une manifestation à Carcassonne pour dénoncer "la montée de l’extrême-droite", prévue pour le 31 mars. Dans ce contexte, le maire du Rassemblement National, Christophe Barthès, a posté un message sur ce même groupe, laissant entendre des avertissements. Les enseignants des lycées Jules-Fil et Paul-Sabatier ont vivement critiqué cette approche, laissant planer des soupçons sur des tentatives de "faire taire par la peur". Bien que Barthès ait d'abord nié être l'auteur de ce message, son second adjoint a défendu la nécessité d'une réaction rapide, insistant sur le rappel à la loi.
La mobilisation, initialement envisagée, n'a finalement pas eu lieu. Ce sont les répercussions de la situation qui suscitent des interrogations, notamment le fameux message du maire sur Instagram. Celui-ci avait encouragé les jeunes à manifester innocemment, mais la tournure des événements a suscité une attention nationale, surtout après l'emballement médiatique autour de ses précédentes décisions, comme la suppression du drapeau européen de la mairie et l'interdiction de mendicité.
Un groupe Insta sur lequel le maire est "invité"
Le 30 mars, un élève de Jules-Fil a lancé une mobilisation sur Instagram pour défendre leurs droits face à "la montée dangereuse du fascisme et du racisme". Les discussions sur le groupe ont pris de l'ampleur, certains élèves notant que ce jour-là coïncidait également avec une journée de protestation contre des coupes budgétaires. Cependant, le maire n'a pas tardé à intervenir avec un message qui a semblé intimider : "Nous avons récupéré les pseudos de chaque membre du groupe" et avertit que la police serait impliquée si la manifestation n'était pas déclarée.
Cette déclaration a provoqué des réactions furieuses parmi les élèves, qui ont même décidé de retirer le maire du groupe. Cependant, l'affaire ne s'est pas arrêtée là. Trois jours plus tard, la situation s'est intensifiée lorsque Barthès a nié l'authenticité de son message, le qualifiant de "faux compte", un mensonge que le second adjoint a vigoureusement contesté en affirmant que la réaction du maire était justifiée.
Une menace justifiée ?
Florent Ghisi, le deuxième adjoint au maire, a justifié l’intervention de Barthès en évoquant des "menaces" reçues par l’élu. Il a rappelé des messages "violents" mentionnant des actions contre lui, insinuant que des éléments d'extrême-gauche circulaient autour de cette mobilisation. En dépit de leur nature, il a insisté sur le fait qu'il n'y avait aucune menace réelle derrière le message du maire et que cette précaution était nécessaire pour maintenir l'ordre, assure-t-il.
Ce dernier épisode met en lumière des tensions palpables dans le domaine éducatif, où de nombreux enseignants se sont dit indignés par l'attitude du maire. Comme l’a souligné L’Humanité dans ses articles récents, la situation fait débat surtout dans un contexte où la liberté d'expression est souvent mise à l'épreuve. D’ailleurs, cette déclaration du maire a été largement perçue comme une tentative d’étouffer la voix de la jeunesse, suscitant des craintes quant à la santé du débat démocratique dans la ville.
Pour conclure, le maire semble avoir déclenché un coup de projecteur sur Carcassonne, une attitude qui pourrait bien se retourner contre son image. Étymologiquement, ce qui est perçu comme une menace pourrait également être interprété comme une opportunité pour la jeunesse de faire entendre sa voix dans le paysage politique actuel.







