Mardi 31 mars, Peter Szijjarto, le ministre des Affaires étrangères hongrois, a dénoncé ce qu'il appelle une "ingérence" dans la campagne électorale de son pays, suite à la publication par plusieurs médias d'enregistrements de ses échanges avec Sergueï Lavrov, son homologue russe. Ce scandale, qualifié de "très grand" par Szijjarto sur Facebook, fait surface juste avant les élections législatives du 12 avril.
Les révélations proviennent d'un consortium de médias est-européens, dont The Insider et VSquare. Ces derniers rapportent que Szijjarto aurait régulièrement fourni à Moscou des informations privilégiées sur des sujets cruciaux, aggravant ainsi les tensions entre la Hongrie et l'Ukraine. Un ancien ministre de l'Union européenne a même qualifié Szijjarto de "taupe enthousiaste" au sein de l'UE, ce qui suscite l'inquiétude de l'opposition hongroise.
Dans un climat déjà tendu, où Viktor Orban semble bénéficier d'une aide implicite de la Russie pour son élection, ces accusations ajoutent une couche de complexité. L'opposition, menée par Peter Magyar, dénonce cette situation comme une manipulation orchestrée pour détourner l'attention des problèmes internes du pays.
Andriï Sybiga, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, a réagi en qualifiant ces échanges de "rapports obséquieux" destinés aux patrons russes. Selon lui, ces informations représentent également une menace pour les discussions au sein de l'UE, en mettant en lumière la déloyauté de certains membres face à une situation aussi délicate.
Les conversations entre Szijjarto et Lavrov pourraient avoir influencé des décisions critiques, notamment la demande de soutien pour lever des sanctions contre la sœur d'Alicher Ousmanov, un oligarque proche de Vladimir Poutine. Cela soulève des préoccupations majeures quant à la sauvegarde des intérêts nationaux hongrois face à la pression russe.
Les tensions entre Budapest et Kiev ont aggravé en raison de l'interruption des livraisons de pétrole russe via l'oléoduc Droujba, que Budapest impute à des retards ukrainiens. En représailles, Orban a décidé de bloquer une aide européenne de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. La position de la Hongrie dans l'UE est donc plus précaire que jamais.
Dans un contexte où la rhétorique de la campagne électorale de Viktor Orban présente l'Ukraine comme un ennemi, la situation demande une attention accrue. Des experts, comme Csilla Fedinec de l'université ELTE, voient déjà ces manœuvres comme des tentatives de la part d'Orban pour se maintenir au pouvoir malgré une opposition croissante.







