Ce mercredi, les pêcheurs méditerranéens se sont rassemblés à Sète pour annoncer une décision importante : une grève illimitée débutant ce mardi, en raison de l'envolée des prix du carburant. Ce mouvement concerne principalement les marins des régions d'Occitanie, PACA et Corse.
Alors que Sète accueille actuellement l'Escale à Sète, un événement célébrant les vieux gréements, les représentants des pêcheurs déplorent que les sorties en mer soient désormais non rentables à cause des coûts du carburant, exacerbés par le conflit en cours au Proche-Orient. Malgré une aide de l'État fixée à 20 centimes par litre, jugée insuffisante par les professionnels, cette hausse continuelle met en péril la viabilité de nombreuses pêcheries. Selon France Bleu, les marins-pêcheurs affirment travailler souvent à perte.
La grève qui débutera le 7 avril aura des répercussions immédiates : une flotte considérable de chalutiers, estimée à une trentaine, ainsi qu'entre 300 et 500 petites embarcations, seront à quai. A Sète, par exemple, cela représente 11 chalutiers et près d'une centaine de petits métiers. Kelly Llinarès, directrice de la criée de Sète, a déclaré : "La grève des pêcheurs va m’impacter à 100 %". Elle souligne que, sans poisson, la criée est contrainte de fermer.
Toute une filière concernée, 660 emplois indirects impactés
Normalement, la criée sétoise traite quotidiennement entre 10 et 15 tonnes de poisson. La fermeture de ses activités aura un fort impact économique. Kelly Llinarès insiste : "En espérant que ça ne dure pas trop longtemps parce que j’ai des coûts fixes à couvrir".
Cette mobilisation est largement soutenue au sein de la communauté locale, témoignant d'une compréhension du défi auquel font face ces professionnels. "Le prix du gasoil ne leur permet pas d’être rentables. Il est difficile de continuer leurs opérations s’ils vont à la mer à perte," souligne-t-elle.
Au-delà de la criée elle-même, c'est toute une chaîne de valeur qui est affectée à Sète, le plus grand port de pêche en Méditerranée. "La filière poisson ne se limite pas aux emplois de la criée. Environ 660 emplois indirects dépendent également de cette activité," compléte-t-elle.
Les pêcheurs d'Occitanie espèrent une montée en puissance de la mobilisation, y compris un soutien des pêcheurs de la région PACA et de Corse, qui se sont joints au mouvement. Ils envisagent d'étendre leur action à l'échelle nationale, afin de faire entendre leur voix face à l'État.







