Lors de son discours à la Maison Blanche le 1er avril, Donald Trump a exposé un ensemble de contradictions en tentant de justifier l'engagement militaire en Iran, conjointement avec Israël. Bien qu’il n’ait pas précisé les dates de clôture du conflit, il s'est réjoui d'avoir, selon ses dires, « anéanti » Téhéran, tout en menaçant de « frapper avec une force considérable ». Un véritable spectacle de désinformation.
En 19 minutes, Trump a balancé des affirmations qui mettent en lumière l'absence d'objectifs clairs dans cette guerre, qualifiée d'illégale par nombre de spécialistes. Il a déclaré que tout avait été accompli, rendant Téhéran « vaincue », « anéantie » et « complètement décimée ». Son intervention télévisée a eu lieu plus d’un mois après le début des hostilités, alors que de graves conséquences humanitaires s'installent en Iran et au Liban, comme rapporté par L'Humanité.
Le président américain a tenté de redorer son blason face à une guerre impopulaire. « Nous approchons de la réalisation de tous les objectifs militaires américains très bientôt », a-t-il affirmé, ajoutant peu après : « Nous allons les frapper avec une force considérable et les ramener à l’âge de pierre dans les semaines à venir ». De plus, il a promis que les discussions se poursuivraient, créant un flou encore plus grand quant à l’avenir de ce conflit.
« Le nouveau groupe est moins radical »
Trump a affirmé que son but n’était pas un « changement de régime », bien qu'il ait souvent vanté les succès de l'élimination des « dirigeants d'origine » iraniens. Le New York Times rapporte que ses conseillers considèrent son intervention en Iran comme un modèle similaire à l’enlèvement controversé de Nicolas Maduro, le président vénézuélien.
Il a également évoqué l’apparition d’un « nouveau groupe moins radical et beaucoup plus raisonnable », sans toutefois aborder la proposition de cessez-le-feu en quinze points reçue par l'Iran. Cette absence d'interaction directe soulève des interrogations sur la probabilité d’un vrai dialogue.
Sur le sujet des capacités militaires iraniennes, Trump a déclaré qu'elles avaient été « considérablement réduites », en dépit des rapports sur la continuité des activités militaires de Téhéran. Pendant ce temps, le président américain a répété que les États-Unis « n’avaient pas besoin » du pétrole du Golfe, incitant ses alliés à se défendre seuls.
Une situation volatile
Bien que les États-Unis n'importent que peu de pétrole du Golfe, les répercussions de la guerre se font déjà sentir, comme l’a révélé une augmentation rapide des prix du carburant. Malgré cela, Trump décrit les difficultés liées à cette flambée comme « de courte durée », tout en promettant une baisse rapide des prix de l'essence une fois le conflit terminé.
Pourtant, des milliers de soldats supplémentaires ont été déployés au Moyen-Orient, s'ajoutant aux 40 000 militaires déjà présents. Ce renforcement laisse présager une éventuelle opération terrestre visant des sites sensibles, comme ceux liés à l'uranium hautement enrichi en Iran.
Trump, en opposant une comparaison avec de précédents conflits historiques américains, a affirmé que cette guerre ne durerait que deux à trois semaines, alors qu'il évoquait les longues durées des autres campagnes militaires durant le siècle précédent. Un très curieux moyen d'offrir des perspectives sur une situation si complexe.







