À l’approche de l'élection présidentielle de 2027, Les Républicains sont confrontés à un défi majeur, devant choisir entre s’allier au centre droit, tenter de se présenter seuls ou établir des liens avec l'extrême droite. Érodé par des défaites successives et des divisions internes, le parti doit maintenant envisager sa survie politique bien au-delà du simple scrutin à venir.
Pour illustrer la situation, rappelons la défaite cuissante de Nicolas Sarkozy face à François Hollande en 2012, suivie de l’effondrement de François Fillon lors du Penelopegate en 2017, et le score dérisoire de Valérie Pécresse, qui a enregistré seulement 4,78 % des voix au premier tour en 2022.
Rarement, la droite n'aura été aussi scindée, non seulement par le nombre de candidats potentiels mais aussi par des divergences profondes concernant l’orientation et la stratégie à adopter.
Quel avenir pour Les Républicains ?
Tout comme le Parti socialiste, Les Républicains, touchés par la vague Macron en 2017, n’ont pas réellement révisé leur stratégie pour s’adapter à l’évolution politique. Loin de là, ils ont souvent mis en avant leur ressentiment face à un macronisme dominant qui semble avoir de plus en plus engulfé leurs idées et leurs figures majeures. On peut citer Edouard Philippe, ancien Premier ministre, qui, à la tête de Horizons, apparaît comme le candidat le plus en vue pour représenter une droite modérée.
L’exode de figures emblématiques comme Philippe ne fait qu'accentuer ce sentiment d’urgence. Comme le souligne l'expression d’Edouard Philippe, cette “poutre qui travaille” pourrait bien s’effondrer sur Les Républicains si des choix stratégiques clairs ne sont pas faits dès l’année prochaine.
Actuellement, le parti est tiraillé entre trois options : d’abord, une réelle fusion avec un centre droit à l'image de l'UMP de jadis. Les signes sont déjà visibles, notamment avec la participation de LR à la coalition au pouvoir avec Renaissance et le MoDem. Des personnalités influentes, comme Michel Barnier, sont déjà pressenties pour occuper des postes clés.
Les militants au cœur de la décision
La seconde voie, empreinte d’une opposition farouche à Macron et à la crainte de disparaître, prône une candidature autonome, portée notamment par Bruno Retailleau. Cependant, ce scénario apparaît aujourd'hui comme un mirage. La troisième possibilité, un changement d’alliance, amène Les Républicains à réfléchir à un rapprochement avec l’UDR d’Éric Ciotti, déjà proche du RN.
Les décisions à venir dépendent largement des militants qui seront invités à voter sur la méthode de désignation de leur futur candidat. Les options vont de la primaire fermée réservée aux membres à une primaire ouverte, bien que des tensions subsistent quant à cette dernière. L'issue de ce vote pourrait révéler des fractures encore plus profondes au sein d'un parti qui, bien qu'il ait réussi à conserver une certaine base lors des élections municipales, ne peut oublier son statut dégradé dans la Vème République.







