“Une bonne semaine pour Helen Zille”, titre le magazine sud-africain Financial Mail.
À 75 ans, la candidate de l’Alliance démocratique (DA) pour la mairie de Johannesburg bouscule la campagne électorale à l’approche des élections municipales prévues entre novembre 2026 et janvier 2027. En partageant des vidéos virales, elle cherche à capitaliser sur la popularité en déclin du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir.
Fin mars, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on la voit équipée d'une combinaison de plongée noire, d'un bonnet rose, d'un masque et d'un tuba jaune fluo. “Bienvenue sur le merveilleux site de plongée de Douglasdale,” s’exclame-t-elle avant de plonger dans un nid-de-poule rempli d’eau stagnante dans un quartier huppé de Johannesburg, sous un air de musique classique.
Quelques jours plus tard, canne à pêche en main, elle met en évidence la dégradation des infrastructures de Johannesburg en vantant la biodiversité de la ville au bord d'une piscine municipale envahie par les algues. “C’est le symbole de la dégradation de Johannesburg sous l'ANC,” déclare-t-elle, comme le rapporte News24, qui souligne que ses vidéos ont redonné vie à une campagne électorale souvent jugée monotone.
Conquérir les sceptiques
Dans une chronique du Financial Mail, Chris Roper loue l’impact visuel de ses vidéos, qui ont même traversé les frontières jusqu’en Italie, faisant rire les spectateurs tout en exposant des enjeux locaux. Il affirme que l’exploit de Zille consiste aussi à tordre le bras des sceptiques invétérés face à l’Alliance démocratique.
Malgré une popularité en chute libre due à des scandales de corruption, l’ANC peine à se redresser. De son côté, l'Alliance démocratique se débat avec des perceptions de favoritisme envers la communauté blanche, rendant son ascension complexe.
Helen Zille, ex-dirigeante du DA et ancienne maire du Cap, sait tout sur cette défiance. Elle est cependant déterminée à regagner le soutien des Johannais, surtout après avoir été élue lors d’une radicale prise de pouvoir en 2016. Suite à son spectaculaire plongeon, le nid-de-poule de Douglasdale a rapidement été réparé, mais les problèmes d'infrastructure persistent, comme le note le Financial Mail avec une pointe d’ironie.







