Le mardi 7 avril, près de 350 scientifiques ont manifesté à Paris pour dénoncer ce qu'ils perçoivent comme un déclin de l'indépendance scientifique de SPF, une agence créée il y a dix ans pour intégrer les missions de divers organismes de santé.
Selon des experts, la réforme envisagée, qualifiée de "recentrement stratégique" par le ministère, menace les outils de surveillance de la santé publique. Benoît Elleboode, directeur général de l'ARS Nouvelle-Aquitaine, cherche à apaiser les inquiétudes en soulignant que l'objectif est d'améliorer l'efficacité, pas de diminuer l'importance de l'expertise scientifique. Cependant, de nombreux scientifiques croient que cette démarche pourrait réduire le rôle fondamental que l'agence a joué dans la surveillance des épidémies et des campagnes de prévention sanitaire.
Une nécessité de neutralité ?
Les missions de communication publique sur la santé, qui seraient transférées au gouvernement et à la Cnam, sont au cœur des préoccupations. Les scientifiques affirment que les recommandations devraient continuer d'être basées sur des preuves plutôt que sur des directives politiques. "Affaiblir la neutralité scientifique pourrait compromettre l'efficacité des campagnes de santé publique," alerte un épidémiologiste de SPF.
Citant un rapport de l'INSERM, les professionnels de santé évoquent que renoncer à la neutralité scientifique serait un retour en arrière de plusieurs décennies.
En parallèle, des experts comme le professeur Roger Salamon, ancien président du Haut Conseil de santé publique, expriment leurs réserves. "Le souhait de l'État de garder la maîtrise des données est paradoxal, surtout quand on sait que la science doit éclairer les décisions politiques pour le bien-être des citoyens. Le risque est de voir la santé publique devenir une simple ligne budgétaire plutôt qu'un enjeu de société."
La résistance de la communauté scientifique face à cette réorganisation suggère que la santé des Français dépend de la préservation d'une telle indépendance.







