L’élu d’une commune d’Indre-et-Loire se sent démuni face à l’afflux de projets de parcs solaires. Il alerte sur une saturation de son territoire, près d’Amboise, alors que les initiatives privées se multiplient sans réelle vision d’ensemble.
À Saint-Ouen-les-Vignes, plusieurs projets agrivoltaïques font actuellement l'objet d'études, initiés par différents développeurs privés. Le maire, Philippe Deniau, appelle à une information plus cohérente sur les effets cumulés de ces projets et à une implication plus active des collectivités.
Quelle est la place de la commune dans ces projets ?
« Nous sommes informés, mais les décisions ne nous reviennent pas. La mise en œuvre de ces projets dépend principalement de l'État : les services de la DDT gèrent l'instruction et le préfet tranche. La commune est souvent consultée après le public, généralement lorsque des préprojets sont présentés. »
Un nouveau projet est présenté fin avril, quel est votre avis ?
« Greenvolt va tenir des permanences à Cangey et Limeray. Bien que ce soit une démarche volontaire, je préfère qu'il n'y ait pas de permanence à Saint-Ouen. Nous avons déjà plusieurs projets, et on a l'impression que c'est concentré ici, laissant croire à une volonté politique locale, alors que ça reste des démarches privées. »
Combien de projets sont actuellement en cours sur votre commune ?
« Avec celui de Greenvolt, nous en aurons trois. Il existe déjà un projet de Technique Solaire, devenu Mexens, au Poirier-Pelé, et un autre par TSE au Jeune-Jouet. Chacun couvre environ 15 ha. Le problème majeur est leur proximité : ces deux projets sont sur des terrains adjacents, ce qui signifie qu'on parle d'un ensemble de 30 ha. Ils sont examinés individuellement alors qu'ils sont contigus. Je plaide pour que ces effets cumulés soient pris en compte lors de l'analyse. »
Pourquoi votre région est-elle si attractive pour ces projets ?
« Nous avons des terres plates et dégagées, ce qui est idéal pour ces installations. Depuis la loi Aper, l’intérêt pour ces projets a explosé. Les développeurs s'adressent directement aux propriétaires, jouant sur une dynamique d'acteurs privés. La commune ne s'en mêle pas réellement. »
Peut-on vraiment envisager 100 ha de panneaux sur votre commune ?
« Nous y approchons. Pour moi, cela fait déjà beaucoup. Le projet de TSE a été introduit sans concertation, ce qui est problématique. Le projet de Greenvolt, bien que moins impactant pour les habitations, reste très ambitieux. »
Quel sera le facteur clé pour ces projets ?
« Le raccordement au poste source de Pocé-sur-Cisse sera déterminant. Il n’y aura pas de place pour tout le monde, alors il faudra s'attendre à des blocages. Le premier projet à obtenir un raccordement sera favorisé. »
Êtes-vous opposé à l’agrivoltaïque ?
« Non, je soutiens le développement des énergies renouvelables et la décarbonation. Mais pas à n'importe quelles conditions. »







