La France a annoncé des avancées significatives lors du premier jour du G7 dédié à l'environnement, malgré l'absence d'une discussion ouverte sur le climat, afin de ne pas contrarier des Etats-Unis jugés "coopératifs".
"Nous avons sept textes en attente d'approbation, et tous seront validés", s'est réjouie Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique, à l'issue de la première journée de pourparlers qui s'achève ce vendredi.
Les Etats-Unis ont été qualifiés de "très constructifs" et "extrêmement coopératifs", a-t-elle ajouté, lors d'une promenade en forêt de Fontainebleau avec ses homologues internationaux. Toutefois, elle a de manière lucide reconnu que "la protection de l'environnement n'est plus une priorité internationale" durant son discours d'ouverture, devant des ministres de pays industrialisés ainsi que des représentants d'autres nations, telles que celles qui organiseront cette année les prochaines COP sur la désertification (Mongolie) ou la biodiversité (Arménie).
Le Groupe des Sept (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et Etats-Unis) a une "responsabilité unique" et doit envoyer un message d'unité selon la ministre, rappelant l'importance de leurs actions collectives face aux enjeux environnementaux.
La France a mis en avant cinq priorités : financer la biodiversité, protéger les océans, sécuriser les ressources en eau, établir le lien entre désertification et sécurité, et améliorer la résilience des territoires face aux catastrophes naturelles.
Monique Barbut a insisté sur le fait que les thèmes abordés lors du G7 sont liés au réchauffement climatique, tout en reconnaissant qu'aborder cette problématique directement aurait risqué de brouiller les négociations avec les Etats-Unis. "Si j'avais traité cette question de front, le G7 n'aurait pas eu lieu", a-t-elle souligné.
D'autres sujets sensibles, comme la sortie des énergies fossiles, n'ont pas été abordés, bien qu'une rencontre récente à Santa Marta, en Colombie, ait traité ces questions cruciales.
Gaïa Febvre, responsable des politiques internationales au Réseau Action Climat (RAC), a exprimé des réserves auprès de l'AFP : "Un G7 au rythme des Etats-Unis ne peut répondre aux crises du siècle en évacuant les considérations climatiques et en ignorant les inégalités de genre. Cela ne ferait qu’enfermer les discussions dans une vision à court terme sur l'énergie."
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, un fervent climatosceptique, pourrait compliquer davantage la situation, avec déjà un historique de régressions en matière de protection climatique, ayant débuté par un retrait de l'Accord de Paris.
Le peu d'importance accordée à cet événement par les Etats-Unis est symbolisé par la présence d'Usha-Maria Turner, une administratrice adjointe chargée des affaires environnementales, à un poste de moindre envergure.
Malgré cela, la France espérait séduire l'administration Trump par une initiative intitulée "alliance pour le financement de la nature et des peuples", visant à stimuler le financement de la biodiversité. Monique Barbut a annoncé une première concrétisation de ce plan pour le sommet du G7 d'Evian en juin, avec un budget prévisionnel de 600 millions d'euros, principalement destiné à l'Afrique.
Jean Burkard, directeur des plaidoyers au WWF France, a commenté : "C'est une avancée que la question du financement de la biodiversité soit intégrée dans ces discussions, mais il est crucial que ces fonds soient complémentaires et ne soient pas utilisés comme prétexte pour compenser une réduction dans l'engagement des Etats, y compris celui de la France."







