Avec le départ de Boris Vallaud des instances du Parti Socialiste (PS), des décisions cruciales s'imposent en vue de la présidentielle de 2027. Faut-il envisager une primaire, se concentrer sur un candidat interne, ou soutenir Raphaël Glucksmann, actuellement en tête des sondages ?
Ce vendredi, le député des Landes, qui avait choisi de rallier Olivier Faure lors du dernier congrès, a annoncé, via une lettre adressée au premier secrétaire, que son courant "Unir" se retirait de la direction du parti. L'ambiance est tendue, Vallaud ayant exprimé sa frustration par l'intermédiaire du sénateur Alexandre Ouizille, qui évoque une "collégialité bâclée" et une "brutalisation du fonctionnement" au sein du parti.
Les discordes ont été accentuées par le rapprochement de Vallaud avec Glucksmann et l'écologiste Yannick Jadot. La volonté d'Olivier Faure de participer à une primaire de la gauche non-mélenchoniste, soutenue par des figures telles que François Ruffin et Clémentine Autain, a été particulièrement contestée.
Laurent Baumel, proche d'Olivier Faure, tempère la situation en affirmant que le départ de Vallaud ne marque pas une nouvelle ère mais plutôt une rupture symbolique. Il souligne aussi que le PS ne disposait déjà pas de la majorité nécessaire pour avancer dans l'organisation d'une primaire.
Malgré tout, les tensions restent palpables. Vallaud n'a pas proposé de solution alternative viable aux yeux de nombreux observateurs, et l'idée d'une primaire est de plus en plus perçue comme une nécessité pour éviter une multiplication des candidatures à gauche, dans un contexte où le Rassemblement National domine largement les sondages.
La direction du PS semble vouloir éviter de "brutaliser" ses alliés de la gauche, tout en réfléchissant à la possibilité d'imposer une décision à travers le vote des militants, une stratégie qui pourrait provoquer davantage de divisions.
Du côté des supporters de la social-démocratie, des voix comme celles de Raphaël Glucksmann et François Hollande plaident pour la désignation d'un candidat basé sur les sondages plutôt que sur les résultats d'une primaire. Ce dernier a insisté pour que le PS reconnaisse rapidement l'absence de faisabilité d'une telle procédure.
La question se pose : Vallaud pourrait-il lui-même envisager une candidature ? Selon un proche de Glucksmann, ce départ n'exclut pas cette possibilité. Toutefois, des discussions se dirigent vers l'idée de le positionner comme "chef de file du PS" pour la présidentielle, tout en continuant à naviguer dans les eaux troubles de l'alliance avec Glucksmann.
« Le Parti socialiste semble plus préoccupé par sa structure interne que par l'élection présidentielle », confie une source. Cependant, François Hollande pourrait bien revenir dans le circuit. Ses décisions dépendront certainement de l'évolution des intentions de vote en faveur de Glucksmann. Si la dynamique se retourne contre lui, il pourrait envisager de se lancer dans la compétition.







