Accusée d'escroquerie, la députée LFI Sophia Chikirou s'est exprimée ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, contestant la sincérité des poursuites judiciaires qui, selon elle, visent à entraver sa carrière politique.
Les faits remontent à 2018, lorsque la candidate aux dernières municipales à Paris avait pour mission de diriger un média. Pourtant, l'audience de cette semaine s'est tenue sans parties civiles, après qu'un accord a été atteint pour abandonner les poursuites avec son ancienne webtélé, Le Média.
S'exprimant avec passion, Chikirou a déclaré à la procureure : "Je ne comprends pas pourquoi cette affaire resurfit alors que j'étais candidate. Pourquoi tant d'attente ?" Son avocat, Dominique Tricaud, a soutenu que ce dossier, gardé "comme un poison politique" par le parquet, est davantage un effort pour l'atteindre personnellement.
L'accusation accuse Chikirou de vouloir tromper la banque Crédit du Nord en tentant de transférer 67 146 euros de Le Média à sa société de conseil, Mediascop, tout en ayant aussi subtilisé deux chèques.
En réponse aux questions soulevées lors de l'audience, la procureure a tenté d'établir que la députée, alors sous le coup d'une révocation, aurait abusé de sa position pour obtenir le virement, même si le dossier a été qualifié de "contentieux pouvant être réglé autrement".
Les échanges ont permis d’éclairer les tensions à l’intérieur du média à l’époque, alimentées par des désaccords internes et un contexte délicat. Chikirou a affirmé qu'elle n’avait pas eu vent de son éviction avant un message reçu le jour même pendant son rendez-vous à la banque.
Son avocat a plaidé que les accusations sont infondées, s'appuyant sur le fait que toute situation d'escroquerie requiert un contexte plus complexe qu'un simple différend commercial. Chikirou a également fait part de son souhait de clore ce chapitre : "Huit ans de harcèlement médiatique, c’est épuisant. Je veux mettre un terme à tout cela." Une décision sera rendue le 8 juin.







