Les territoires de montagne, souvent négligés dans les politiques publiques, ont franchi une étape significative avec l'adoption d'une proposition de loi à l'Assemblée nationale. Ces régions, représentant près de 30 % du territoire français, sont confrontées à des défis uniques liés à leur géographie, notamment l'isolement, l'enclavement et des difficultés d'accès aux services publics, surtout dans un contexte de dérèglement climatique.
La proposition, soutenue par 122 députés de divers partis, a été précédée de débats intenses sur l'avenir des massifs montagneux. Jean-Pierre Vigier, rapporteur du texte et député des Républicains, a souligné l'importance d'une approche territoriale adaptée, en affirmant : "Parce que la montagne n’a pas de couleur politique, elle mérite que nous nous réunissions pour apporter des réponses concrètes aux défis rencontrés par ses habitants."
Parmi les mesures phares de cette loi adoptée par 42 voix contre 11, un accent particulier est mis sur l'adaptation de la carte scolaire afin de tenir compte des contraintes spécifiques des zones montagneuses. De plus, des dispositions relatives à l'accès aux soins, notamment le recours à des moyens aériens pour les territoires les plus isolés, ont été intégrées.
Les débats ont révélé des divergences sur les approches à adopter. Les députés écologistes et de La France insoumise ont exprimé leurs inquiétudes, notamment concernant la gestion de l'eau, qui, au milieu des tensions croissantes sur cette ressource, n'a pas été jugée suffisamment prioritaire. Sylvie Ferrer, députée LFI, a affirmé que l'absence de mesures garantissant la protection des glaciers dans le texte constitue une absence de vision durable pour l'avenir des montagnes.
En revanche, Alexis Jolly, député du Rassemblement national, a critiqué la position de la gauche, arguant que leur vision conduit à stériliser la montagne au détriment des habitants qui dépendent de cette ressource pour leur mode de vie. "La montagne ne doit pas devenir un lieu d'exclusivité pour des citadins en quête de nature", a-t-il déclaré.
Actuellement, aucune date n'est fixée pour l'examen de cette loi au Sénat, où elle devra poursuivre son parcours législatif.







