Une récente étude interne du parti Place Publique, révélée sur les réseaux sociaux, déclenche une tempête au sein de la gauche. Cette note décrit le profil des électeurs qui soutiennent le député, qualifié par certains de "candidat des riches".
L'effet évoqué n'est pas sans rappeler l'impact de la fameuse note de la fondation Terra Nova en 2011, conseillant au Parti socialiste d'abandonner les classes populaires pour se concentrer sur les classes moyennes. À l'époque, cette révélation avait provoqué des accusations de sabotage idéologique. Aujourd'hui, Raphaël Glucksmann semble faire face à un défi similaire.
Un diaporama partagé par plusieurs élus de La France Insoumise nous présente les "fidèles" de Glucksmann. Ce groupe, majoritairement constitué de cadres supérieurs, de professionnels intermédiaires dans le secteur public, et de retraités d'âge mûr, gagne plus de 3 500 euros par mois et vit principalement dans des métropoles comme l’Île-de-France, la Bretagne et l’Occitanie. Ce segment représente environ 3,4 millions d'électeurs, déjà acquis à sa cause.
En revanche, les jeunes de 18 à 25 ans, ceux avec des revenus inférieurs à 1 500 euros, ainsi que les électeurs des banlieues et ceux qui soutiennent les partis d'extrême droite, font partie des cibles à éviter. Manon Aubry a ironisé sur ce point en disant que Glucksmann semble privilégier les plus riches au détriment des plus pauvres.
Raphaël Glucksmann veut s'adresser à tous
Toutefois, il est important de nuancer cette analyse. Il serait peu judicieux pour un candidat de ne s'adresser qu'à un électorat restreint. D'après Glucksmann, il est impératif de toucher une audience plus large, d’autant plus que les 3,4 millions d’électeurs ciblés sont nettement insuffisants pour espérer atteindre le second tour de l’élection présidentielle.
La note aurait pour fonction de consolider le soutien déjà existant, plutôt que de définir une stratégie globale pour attirer de nouveaux électeurs. Glucksmann lui-même a déclaré sur X que "cette note n’a aucune valeur politique", précisant qu'il a évoqué des stratégies plus inclusives lors d’une discussion avec ses collaborateurs.
Dans un séminaire, Glucksmann a commencé par une réflexion sur l'importance d'attirer les électeurs du Rassemblement National, contrastant avec Jean-Luc Mélenchon qui, selon lui, a choisi d'abandonner les classes populaires. "Je veux parler à tous les Français", a-t-il affirmé. La question reste cependant de savoir si ces efforts seront suffisants pour dissiper l’image stéréotypée de Glucksmann en tant que candidat des élites.
Alors que les jours passent et que la campagne se poursuit, les étiquettes difficiles à effacer pourraient bien continuer à peser sur la candidature de Raphaël Glucksmann, comme l’a évoqué le média La Dépêche.







