La controverse autour de l'annulation de Passeport, une pièce d'Alexis Michalik retraçant le parcours d'un jeune réfugié érythréen, propulse Castres dans le débat national. Le maire, Florian Azéma, du Rassemblement National (RN), rejette l'idée d'une censure tout en admettant que le thème de l'œuvre a influencé sa décision.
"Le sujet de la pièce ne correspondait pas à mes propositions durant la campagne... c’est tout", a précisé le maire, justifiant ainsi un choix qui alimente les débats entre partisans de sa vision politique et défenseurs de l’indépendance culturelle.
Une décision controversée
Florian Azéma réfute les accusations d'annulation, affirmant qu'aucun contrat n'était signé lors de son arrivée à la mairie. Il plaide pour une réorientation de la politique culturelle locale, favorisant les artistes et initiatives locales. "Il est essentiel que nous contrôlions ce qui est financé par les contribuables de Castres", a-t-il défendu.
Accusé de cibler une œuvre en raison de son contenu, il insiste en disant n'avoir aucune animosité envers l'auteur Michalik et assure avoir apprécié sa pièce Edmond. Néanmoins, ses commentaires sur les migrants continuent de fracturer les opinions : "Sur les migrants, il faut dire ce qui est : ce sont des clandestins... Cela ne correspondait pas à mes engagements électoraux. Ce n’est pas nouveau..."
Les réactions s’intensifient
Les critiques s'intensifient. Alexis Michalik a exprimé son regret sur Instagram, rappelant que "liberté de création et indépendance culturelle ne sont pas des concepts politiques". Il appelle à la vigilance contre l'utilisation de la culture comme outil idéologique.
Côté gauche, la France Insoumise dénonce une "censure culturelle", tandis que le collectif Castres en Commun soutient que ce retrait envoie un signal préoccupant sur la direction politique de la mairie. "Aujourd’hui, il s’agit d’une pièce de théâtre. Demain, peut-être d’un livre ou d’une exposition ?", s'interrogent-ils.
En admettant que le thème a influencé sa décision tout en niant la censure, le maire de Castres se retrouve à la croisée des chemins politiques au début de son mandat, une controverse qui dépasse désormais les frontières de la ville.







