La défense antiaérienne ukrainienne atteint un nouveau jalon avec l'introduction du système Ryf. Établi sur la base du Strela-10 soviétique, il utilise désormais des missiles RK-10, conçus localement grâce à un savoir-faire national.
Depuis le début de l'invasion russe en 2022, l'Ukraine s'est engagée à moderniser son secteur de la défense. Ce processus a abouti à la création du système antiaérien Ryf, désormais en production de masse et opérationnel depuis janvier 2026, selon Defense Express. Le déploiement opérationnel a été révélé par une enquête du groupe audiovisuel ukrainien Suspilne, mettant en avant un bataillon indépendant de missiles antiaériens.
Un ancien système soviétique modernisé
Le Ryf repose sur la structure du système Strela-10, mais a été substantiellement remanié par les ingénieurs ukrainiens. Bien que le châssis et quelques éléments mécaniques aient été préservés, l'ensemble des missiles et du système de contrôle de tir a été remplacé par des technologies modernes d'origine ukrainienne.
Ce système est capable de transporter jusqu'à quatre missiles RK-10, prêts à être tirés, et est équipé d'une station de visée électro-optique avancée. Le missile RK-10, guidé par un faisceau laser, utilise des technologies déjà éprouvées dans plusieurs armées occidentales. L'équipage s'appuie sur des caméras de jour, un système d'imagerie thermique et un télémètre laser pour assurer la précision des frappes. Une vidéo diffusée par Suspilne illustre la capacité du Ryf à abattre un drone russe à une distance approchant les cinq kilomètres, alors que la portée maximale est annoncée à dix kilomètres.
Une réponse au manque de missiles soviétiques
Les premiers essais opérationnels du missile RK-10 ont eu lieu en décembre 2021, juste avant le début de l'offensive russe. Depuis, le système a été adapté aux exigences du conflit actuel. Bien que l'armée ukrainienne utilise encore des modèles Strela-10, les réserves de missiles soviétiques s'épuisent et leur renouvellement devient compliqué.
Avec le Ryf, les autorités de Kiev cherchent à prolonger la durée d'utilisation de ces anciens lanceurs tout en s'assurant un approvisionnement continu grâce à des missiles fabriqués localement, un choix stratégique pour la pérennité de leur défense.







