Le 1er juillet, Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis-Pierrefitte, a rendu un hommage symbolique à Marwan Barghouti, détenu en Israël depuis plus de deux décennies. Sa compagne, Fadwa Barghouti, avocate et militante, a reçu cette distinction au nom de son mari.
Cette cérémonie, qui a eu lieu devant l'hôtel de ville, a réuni de nombreux militants et sympathisants propalestiniens. La remise symbolique des clés de la ville à Fadwa Barghouti a été suivie du pavoisement du drapeau palestinien sur la façade de la mairie, une image forte relayée par le collectif EuroPalestine. Le maire affiche ainsi un soutien manifeste à cette cause internationale.
Ce geste n'est pas un coup d'éclat : il figure clairement dans le programme de campagne de Bagayoko. Dans l'axe intitulé Une commune engagée pour la paix et contre l'extrême droite, il avait promis de restaurer les jumelages avec des villes palestiniennes et de défendre le droit international. Deux mois après son élection, il remplit l'une de ses principales promesses.
Marwan Barghouti, le symbole controversé
Marwan Barghouti, souvent appelé le Mandela palestinien, est une figure clivante. Pour ses partisans, il incarne l'espoir d'une paix durable. À l'inverse, Israël le désigne comme un terroriste ayant été condamné pour son rôle dans plusieurs attaques pendant la seconde Intifada. Son procès, jugé largement controversé, soulève des critiques sur l'équité de la justice israélienne, comme l'indique le quotidien Haaretz.
La ville de Saint-Denis a élevé Marwan Barghouti, prisonnier politique palestinien, au rang de citoyen d'honneur… pic.twitter.com/JbKoiIwEqw
— Bally Bagayoko (@BallyBagayoko) July 3, 2026
Cette initiative s'inscrit dans une tradition de certaines municipalités de gauche. Plusieurs villes françaises, dont Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine, ont également honoré Barghouti. Ces choix ont souvent suscité des polémiques et des contestations judiciaires, le tribunal administratif de Nancy ayant par exemple annulé plusieurs délibérations en lien avec cette question.
La décision de Saint-Denis provient d'une volonté affirmée d'aligner la politique municipale sur des causes internationales. Issu d'une mouvance politique visant à transformer le service public en une plateforme d'engagement social, Bagayoko entend faire de la cause palestinienne un symbole fort de sa gouvernance.
En somme, cette démarche politique est représentative d'un état d'esprit insoumis, cherchant à investir le domaine des municipalités d'une voix où le débat sur la défense des droits humains est omniprésent.







