Dans la ville d'Hénin-Beaumont, bastion électoral de Marine Le Pen, de nombreux électeurs du Rassemblement National expriment à la fois leur soulagement et leurs préoccupations suite à la réduction de sa peine d'inéligibilité. Cette décision de la cour d'appel de Paris laisse ouverte la possibilité pour elle de brigue la présidence en 2027, même si cela passe par une campagne sous bracelet électronique.
"C'est un vrai soulagement. Elle a beaucoup plus d'expérience que Jordan Bardella," confie Laurence, 60 ans, rencontrée à un arrêt de bus. Pour elle, la présence de Marine Le Pen comme candidate serait un atout, malgré les incertitudes liées à son bracelet électronique. "Je suis partagée à propos de sa capacité à faire campagne ainsi, cela serait compliquer," ajoute-t-elle.
La cour a condamné Mme Le Pen à 15 mois d'inéligibilité pour détournement de fonds dans le cadre de l'affaire des assistants parlementaires, mais elle devra également purger une peine d'un an sous contrôle judiciaire. Il reste donc à voir si elle se sentira en mesure de se lancer dans la course présidentielle.
D'autres électeurs, comme Pierre Pagniez, artisan dans le secteur de la construction, affirment que la question du bracelet ne devrait pas interférer avec sa candidature. "On a vu des cas pire, pourquoi pas elle?" dit-il, rappelant que Nicolas Sarkozy avait également été équipé d'un bracelet électronique après sa condamnation.
Cependant, certains commerçants, comme un homme de 62 ans souhaitant rester anonyme, doutent que Mme Le Pen se présente, convaincus qu'elle tiendra ses engagements. Mais d'autres, comme Stéphanie Mulleyre, espèrent toujours une entrée en campagne de leur candidate, arguant qu'elle possède le potentiel de conduire le pays mieux que son second, Bardella.
Sur la question de la légitimité à briguer la présidence tout en étant sous bracelet électronique, certains électeurs ne se sentent pas inquiétés. "Tous les présidents ont leurs casseroles," répond une fidèle du RN. En revanche, Christophe Bouchindhomme, représentant de la CFDT, se montre critique : "Un bracelet électronique signifie qu'on est coupable. La laisser se présenter aux élections est pour moi inadmissible."
Dans cette atmosphère d'attente, les citoyens d'Hénin-Beaumont vivent un moment riche en tensions, entre espoirs et inquiétudes, alors que l'ombre d'une campagne sous bracelet électronique plane au-dessus des prochaines élections.







