La tourmente qui secoue le secteur agricole français, alimentée par la mauvaise gestion de la crise liée à la dermatose nodulaire contagieuse, s’étend maintenant jusqu'aux rues de Paris. En ce début de janvier, alors que les agriculteurs de plusieurs régions affluent vers la capitale, l'agitation monte en réponse à des mesures jugées insuffisantes face aux énormes difficultés économiques auxquelles ils font face.
Des convois organisés par la Coordination Rurale (CR) ont quitté des départements comme le Lot-et-Garonne, la Dordogne, et même la Corse, avec des agriculteurs déterminés à faire entendre leur voix au sommet de l'État. Ce mouvement met en lumière les préoccupations croissantes concernant la gestion de la situation sanitaire et les enjeux économiques. Malgré les restrictions imposées par certaines préfectures sur la circulation des tracteurs, la CR persiste, qualifiant ces mesures d'intimidation.
Un secteur en crise
Cette mobilisation souligne la gravité d'une crise qui, selon les syndicats, touche près de 75 % des exploitations agricoles. Ce malaise est multiplié par des difficultés structurelles et conjoncturelles telles que la chute des prix, l'augmentation des coûts de production, et la concurrence accrue des produits importés. La gestion par l'État de l'épidémie de dermatose nodulaire a été le déclencheur d'une colère déjà latente parmi les agriculteurs, qui contestent notamment l'abattage systématique des troupeaux.
Les stratégies de mobilisation varient selon les organisations : alors que la CR privilégie les blocages, d'autres, comme la FNSEA et la Confédération paysanne, optent pour des rencontres avec les autorités et des actions locales, y compris des rassemblements devant des préfectures. Ces derniers visent à dénoncer les distorsions de concurrence entre les produits locaux et ceux importés.Le gouvernement, face à la pression croissante, a promis des mesures, comme l'interdiction d'importer des produits traités avec des substances proscrites dans l'Union européenne, mais ces promesses sont accueillies avec scepticisme par les agriculteurs, qui exigent des actions visibles et immédiates pour faire face à la crise dans les exploitations.
Des enjeux cruciaux à venir
Au-delà des luttes immédiates, l'attention se porte également sur des dossiers à venir, tels que l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur, qui est perçu comme une menace pour la production locale. Les agriculteurs craignent que l'arrivée massive de viande sud-américaine sur le marché européen n'aggrave encore leur situation. De plus, la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), qui pourrait voir une baisse de son budget, alimente les inquiétudes quant à l'avenir du secteur.
Alors que les manifestations continuent, la tension monte, et les agriculteurs réclament des réponses concrètes. Selon des experts, ces mesures pourraient conditionner la survie économique de nombreuses exploitations agricoles en France. La colère agricole, née dans le Sud-Ouest, s'est désormais enracinée au coeur même des institutions françaises, marquant une étape significative dans la lutte pour une agriculture pérenne.







