Dans son ouvrage Voyage dans la France d’avant, Franz-Olivier Giesbert livre une analyse percutante de l'état actuel de la France, tout en se penchant sur les racines historiques de ses maux. Loin d'un simple recueil de souvenirs, son récit évoque les souffrances de la nation, ancrées dans son passé révolutionnaire tumultueux et la lente américanisation qui l'affecte aujourd'hui.
Giesbert, éternel observateur des évolutions politiques, s'est entretenu avec de nombreux acteurs de la scène, de Mitterrand à Macron, ajoutant une perspective personnelle à ses réflexions. Il tente de déconstruire la mythologie révolutionnaire et d'explorer comment les idéaux d'égalité et de fraternité, chers à nos ancêtres, semblent se diluer dans un contexte de fracture sociale et de défiance envers les institutions. Dans un entretien pour Le Monde, iĺ évoque la montée du communautarisme et une forme de déculturation qui, selon lui, assombrissent l'identité française.
Le livre aborde notamment le thème de l'immigration. Giesbert soutient que, malgré ses croyances initiales en l'immigration heureuse, il a compris que les législations actuelles ne favorisent pas toujours une intégration réussie. La divergence entre les immigrants d'hier, souvent plus culturellement adaptés, et ceux d'aujourd'hui, semble creuser encore davantage le fossé entre différentes communautés. Cet avis est partagé par l'économiste et essayiste Thomas Piketty, qui alerte sur les conséquences de l'inégalité croissante dans Politico.
Un autre aspect marquant de son analyse est l'américanisation croissante de la culture française, que Giesbert voit comme un danger imminent. Il déplore ainsi l'érosion des valeurs traditionnelles au profit d'un culte de l'individualisme et du consumérisme. A cet égard, il cite des exemples aussi variés que le succès du wokisme dans les universités et le désenchantement vis-à-vis des figures politiques peu inspirantes. Le politologue Jean-Claude Cauvin fait écho à cette réflexion dans sa récente étude sur la culture politique française, soulignant que cette dérive a des conséquences non négligeables sur l'engagement civique des jeunes.
Malgré ces constats alarmants, Giesbert ne tombe pas dans le pessimisme. Sa conviction que la France saura se réinventer résonne avec certaines voix optimistes qui appellent à une renaissance des valeurs républicaines. Au-delà de la critique, il met en avant la nécessité d'un nouveau leader charismatique, comme un De Gaulle du XXIe siècle, capable d'établir un discours unificateur et de redresser les finances publiques. Liberties rappelle que dans cette quête de renouveau, il sera crucial d'apprendre des erreurs du passé pour éviter de reproduire les crises identitaires qui ont secoué le pays.
En somme, Voyage dans la France d’avant est un ouvrage qui ne laisse personne indifférent. Entre lucidité et espoir, Giesbert trace un chemin que la France pourrait suivre pour sortir du gauchemar d'une époque tourmentée.







