Le débat autour du budget 2026 a pris une tournure inattendue à l'Assemblée nationale, alors que le Rassemblement national a réussi à faire adopter un amendement réduisant de 4,9 milliards d'euros la dotation globale de fonctionnement (DGF) versée aux collectivités territoriales. Cette décision, prise lors d'une nouvelle lecture du projet de loi de finances, met en lumière les divisions croissantes entre les partis politiques, tout en suscitant de vives inquiétudes parmi les élus locaux.
À noter qu'à peine 24 heures auparavant, l'Assemblée avait voté une mesure encourageante visant à indexer la DGF sur l'inflation, une initiative soutenue par plusieurs groupes, y compris des associations d'élus. Ce revirement a montré l'incapacité des députés à parvenir à un consensus, rendant difficile la construction d'un budget cohérent. Comme l’a expliqué la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, « les collectivités risquent de ne pas même couvrir l'inflation en 2026 », après des projections budgétaires jugées contradictoires.
La situation est d'autant plus complexe qu'elle souligne les divergences de visions concernant le rôle des collectivités locales. Le RN justifie sa position en prônant une réduction des dépenses publiques, affirmant que les excessive bureaucraties sont sources de gaspillage. Son député, Jean-Philippe Tanguy, a affirmé sur les réseaux sociaux que le RN est le seul à agir pour réduire les dépenses : « Les autres partis blablatent et dépensent à tout va. »
Cependant, cette approche soulève des interrogations. Des experts, comme le professeur de science politique Jean-Pierre Dubois, mettent en garde contre les impacts négatifs de telles coupes, particulièrement dans les domaines essentiels comme la santé et l'éducation. « D'un côté, il est nécessaire de maîtriser les finances publiques, mais, de l'autre, les collectivités locales ont besoin de moyens pour fonctionner efficacement », souligne-t-il.
Par ailleurs, pour éviter l'impasse, le Premier ministre Sébastien Lecornu envisage d'éventuelles mesures structurelles, dont le recours à l'article 49.3, pour faire passer le budget. Cela pourrait mettre fin à un débat qui s'éternise et qui révèle une certaine lassitude au sein de l'Assemblée. « La question est de savoir si les discussions sont sérieuses ou si nous assistons à une mascarade », a regretté le député Aurélien Le Coq (LFI).
Malgré ces tensions, certains points ont émergé, comme l’amendement proposé par le gouvernement pour fusionner deux taxes sur les logements vacants, une initiative visant à simplifier la fiscalité locale et à redonner plus d'autonomie aux municipalités. Ce geste a été perçu positivement, même si les doutes persistent quant à la durabilité des soutiens financiers accordés aux collectivités locales.







