Les Portugais se rendent aux urnes dimanche pour élire leur prochain président dans un climat d'incertitude. Cette élection, prévue pour le 18 janvier, pourrait marquer un tournant historique, avec la possibilité que le candidat d'extrême droite, André Ventura, leader du parti Chega, obtienne un score significatif au premier tour.
Ventura, dont la popularité ne cesse de croître, a su séduire de nombreux électeurs, en particulier à Entroncamento, une petite ville au nord de Lisbonne où son parti est désormais aux commandes. Emidio Gomes, un chauffeur de taxi local, constate les transformations de sa ville, où la population étrangère a triplé en deux ans, illustrant les tensions sociales présentes. "Nous sommes un petit pays qui court le risque de perdre son identité", déclare-t-il, reflétant un sentiment croissant parmi certains habitants face à cette évolution rapide.
Selon un article du *Journal de Portugal*, l'extrême droite a profité de la désillusion des citoyens vis-à-vis de la classe politique traditionnelle. Les préoccupations liées à l'immigration et à la sécurité deviennent des sujets centraux dans la campagne. Des analystes politiques s'interrogent sur l'impact de cette montée des sentiments nationalistes, notant que des figures comme Ventura exploitent les inquiétudes populaires pour renforcer leur base électorale.
Les experts soulignent l'importance de maintenir un débat équilibré pour contrer la polarisation. "La démocratie portugaise est à un carrefour", avertit Ana Rita, politologue à l'Université de Lisbonne. "Il est essentiel que les voix modérées restent audibles, afin d'éviter que les discours extrêmes n'instillent la peur et la division parmi la population".
Avec les élections qui approchent, l'avenir politique du Portugal pourrait réellement dépendre de la capacité des candidats à aborder ces préoccupations de manière constructive. Reste à voir si les Portugais opteront pour une continuité ou un changement radical lors de ce scrutin déterminant.







