Avec 50 478 équipes en compétition lors des élections municipales des 15 et 22 mars, la sémiologue Élodie Mielczareck a analysé les noms de ces listes pour Ouest-France. Selon elle, ces dénominations peuvent être vues comme des "coton", "gris-gris", ou des "totems" qui représentent les aspirations des candidats.
Un choix de mots qui trahit des aspirations communes
Parmi les 904 042 candidats, beaucoup utilisent des noms évoquant leur commune, une pratique attendue. En moyenne, les titres sont concis, se composant de quatre mots, comme le montre la liste d'Édouard Philippe : "Le Havre !". En revanche, certaines listes optent pour des titres plus longs, comme celui du Parti des travailleurs à Orthez : "Une mairie à l’offensive : 100 % services publics, 100 % jeunesse, 100 % citoyenne".
Des mots populaires et leur signification
Les termes comme "Ensemble" (employé plus de 13 000 fois), "avenir" (5 189 fois) et "vivre" (4 390 fois) dominent les listes. Mielczareck remarque qu'il y a une surreprésentation de mots consensuels, souvent dépourvus de substance. Elle les décrit comme des "mots zombies", agités sans véritable engagement derrière.
Une identité locale souvent absente
La spécialiste note également que certains mots, tels que "rassemblement", restent étroitement associés au Rassemblement national. L'utilisation de langues régionales est principalement observée en Corse, et de manière moins intense ailleurs, comme en Bretagne.
Des dénominations évocatrices
Mielczareck classe certains mots comme "totems" pour leur appartenance locale, tandis que d'autres, comme "cœur", sont considérés comme des "mouchoirs", jouant sur l'émotion. Des mots comme "fiscalité" ou "sécurité" sont qualifiés de "Voldemort", représentant ce qui est souvent évité dans le discours politique actuel.
Exemple singulier dans la ruralité
Un exemple notable d'originalité réside dans la candidature de Yolaine de Palmaert, maire sortante de Contre, qui se présente avec la liste "Agir ensemble pour Contre". Cette stratégie cherche à créer un consensus, reflétant une approche locale du "en même temps".
Enfin, cette analyse des noms de listes montre comment la sémiotique et le choix des mots sont essentiels dans la communication des candidats, influençant à la fois l'image et les attentes des électeurs. Pour en savoir plus, consultez l'article complet sur Ouest-France.







