Avec 100 000 chiens, Paris a du mal à concilier les droits des propriétaires canins et la tranquillité des riverains. Une opportunité électorale que les candidats à la mairie n'ont pas manquée de saisir.
La capitale française abrite 100 000 chiens, ce qui représente la plus forte densité canine au monde. Cependant, les espaces réservés aux animaux demeurent insuffisants, ce qui entraîne des tensions parmi les propriétaires. Désormais, ces derniers expriment un besoin croissant d'espaces adéquats.
« Paris n'est pas fait pour les chiens », se plaint Fanny, qui avoue lâcher sa chienne, Pink, illégalement au Parc Monceau (VIIIe). « Je risque une amende pour sa liberté, mais c'est un petit prix à payer », confie-t-elle.
Cette problématique a bien trouvé écho chez les candidats à la mairie. Rachida Dati (LR), Emmanuel Grégoire (PS) et Pierre-Yves Bournazel (Horizons Renaissance) partagent tous des vidéos de leurs sorties canines sur les réseaux sociaux, cherchant à séduire environ 200 000 électeurs potentiels. Un proche d'Emmanuel Grégoire a même créé un compte Instagram humoristique intitulé « Hot dogs with Emmanuel Grégoire ».
Un « livre blanc » dédié aux droits des chiens en ville
Face à ce besoin croissant, un collectif d'associations de propriétaires, connu sous le nom de Paris Condition Canine (PAR.C.C), a remis un « livre blanc » à tous les candidats. Parmi leurs propositions : autoriser l'accès des chiens à tous les espaces verts de la ville, améliorer l'accès aux transports en commun et repenser l'aménagement des parcs canins souvent jugés insuffisants.
« Au bout de la laisse, il y a un électeur. C'est un enjeu électoral que les candidats prennent au sérieux, et nous espérons qu'il ne s'agit pas que d'une simple opération de communication », déclare Adrien Pillay, cofondateur de PAR.C.C, qui possède un lévrier espagnol nommé Prado.
Un parc canin en constante évolution
L'enjeu reste de trouver un juste équilibre entre les libertés des propriétaires et la tranquillité des riverains. Dans le Xe arrondissement, l'unique parc canin, pour près de 3 000 chiens, est le reflet de ce conflit permanent.
Déplacé en octobre 2025 pour des raisons de nuisances, ce parc a soulevé des mécontentements. « C'était un lieu emblématique du quartier », se souvient Thomas Puig, vice-président de l'association « Les Chiens du canal ».
Pourtant, le nouveau site, quai de Jemmapes, suscite toujours des controverses. « Nous en avons assez des aboiements », se désole Frédérique, une riveraine qui montre le portail récemment cadenassé du parc canin.
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