Récemment, le collectif Némésis a fait une déclaration marquante en représentant son association mère comme d'intérêt général, permettant ainsi à ses donateurs de bénéficier d'une réduction d'impôt de 66 %. Face à cette situation, Éric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, a décidé de saisir l’administration fiscale pour examiner cette question.
Alice Cordier, présidente du collectif Némésis, s'est adressée à ses partisans avec un ton grave : « Souhaitez-vous vraiment que l'argent de vos impôts finance l'accueil massif des migrants, les transitions de genre et la construction de mosquées ? Aujourd'hui, vous pouvez faire un choix. »
Cette déclaration, entourée de polémiques, vise à inciter le public à faire des dons, qu'ils puissent être réalisés via des plateformes de paiement classique ou en cryptomonnaie. Némésis a réussi à déclarer son association mère, nommée Féminines & féministes, comme d'intérêt général, sans opposition de l’administration fiscale ou de la Cour des comptes, qui détiennent le pouvoir de décision. Cela permet donc aux contributions apportées d'être défiscalisées.
Sur leur site, ils encouragent les dons avec des messages percutants : « Si vous choisissez de ne pas agir, l'État le fera pour vous et financera des associations dont les missions ne concordent pas avec vos idéaux. » Ces incitations soulèvent des inquiétudes parmi les observateurs.
Alerté par Libération cette semaine, Éric Coquerel a requis l’ouverture d’une enquête auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel. Selon l'article 200 du Code général des impôts, pour qu'un organisme soit reconnu d'intérêt général, celui-ci doit démontrer un « caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel, ou soutenir l'égalité entre les sexes ».
Néonazies et d’« intérêt général » ?
La question se pose : Némésis satisfait-elle à ce critère ? Bien que son association affiche comme objectif de « lutter contre les violences faites aux femmes », la réalité semble bien plus discutable. En effet, Némésis concentre ses efforts sur des agresseurs d'origine étrangère, cherchant à transformer une lutte féministe en un projet aux tonalités racistes et xénophobes.
De plus, des liens documentés entre ce collectif et des réseaux néofascistes et néonazis paraissent totalement incompatibles avec la notion d’intérêt général. Une enquête conjointe de StreetPress et Reflets, parue cette semaine, révèle qu'une dizaine de membres de groupuscules néo-nazis auraient même constitué le « service d’ordre » lors d’un rassemblement à Lyon, qui a débouché sur un affrontement tragique.
L’Humanité a également évoqué des discussions secrètes d'octobre dernier où une figure néofasciste, Calixte Guy, et une responsable de Némésis ont échangé sur l'idée de « faire l’appât » pour attirer les militants antifascistes dans un entrave. Des photos montrant des gestuelles néonazies de leaders comme Alice Cordier et Nina Azamberti renforcent ce tableau inquiétant.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a qualifié Némésis de « groupuscule de la mouvance identitaire susceptible de faire l’objet d’une procédure de dissolution ». Même si cette procédure n'a pas été lancée à ce jour, cela soulève des questions sérieuses sur la définition de cette association par rapport à l'intérêt général.







