Invité de RTL, Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires, a appelé l'État à faire des demandes de comptes aux sociétés pétrolières en réaction à la forte hausse des prix des carburants, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient.
Cette flambée des prix à la pompe, conséquence des tensions géopolitiques et des entraves à la circulation dans le détroit d'Ormuz, a entraîné une chute de 15 à 20% des ventes chez Intermarché au cours des deux dernières semaines, selon Cotillard. "Lorsque l'incertitude règne, les consommateurs tendent à réduire leurs dépenses," a-t-il précisé sur RTL, ajoutant qu'actuellement, 33% des Français ont ajusté leurs habitudes pour compenser la flambée des prix des carburants.
Les distributeurs sous pression
Face à cette situation critique, Cotillard a souligné les marges étroites des distributeurs. Dans un litre de carburant vendu à environ deux euros, il a décrit la répartition des coûts : un euro pour l'État, 66 centimes pour le coût du pétrole et du raffinage, 30 centimes pour le transport, et seulement 4 centimes pour les distributeurs. Il a également noté que plusieurs stations-service d'Intermarché vendent à marge zéro, car le carburant est devenu un "produit psychologique" pour attirer les clients.
TotalEnergies dans le viseur
En revanche, Cotillard pointe du doigt la responsabilité des raffineurs et en particulier du groupe TotalEnergies. Selon des informations de l'AFP, TotalEnergies aurait acquis de manière stratégique des cargaisons en évitant le détroit d’Ormuz perturbé par le conflit, leur permettant ainsi de réaliser un bénéfice supplémentaire estimé à un milliard de dollars, selon le Financial Times.
Dans ce contexte, le président d'Intermarché soutient l'idée que le gouvernement devrait intervenir pour obtenir plus de transparence sur les marges des pétroliers. "Je pense que le gouvernement peut les convoquer," a rappelé Cotillard, en mettant l'accent sur la nécessité de clarifier qui paie vraiment la note dans cette crise.
Alors que le marché des carburants devient de plus en plus instable, avec des variations de prix pouvant atteindre 10 à 15% en peu de temps, l'appel de Cotillard souligne une inquiétude grandissante tant chez les distributeurs que chez les consommateurs.







