Les six principaux ports de Corse, à savoir Ajaccio, Bastia, Propriano, l'Île-Rousse, Bonifacio et Porto-Vecchio, sont actuellement paralysés par une action menée par des pêcheurs locaux. Ce mouvement vise à mettre un terme à ce qu'ils qualifient de "spirale mortifère" de l'augmentation des prix des carburants, qui sont déjà supérieurs à ceux du continent en raison des tensions déclenchées par le conflit au Moyen-Orient.
Sous l'égide du jeune syndicat pour la défense des pêcheurs corses, plusieurs bateaux de pêche se sont positionnés stratégiquement dans les ports, rendant toute navigation pour d'autres embarcations impossible. Un bateau de la Corsica Linea, transportant des passagers et des marchandises depuis Marseille, ainsi qu'un navire de croisière, ont été immobilisés dans le golfe d'Ajaccio, comme l'ont rapporté des journalistes de l'AFP.
"Notre objectif est de mettre fin à cette spirale d'augmentation du gasoil", a déclaré Joseph Sanna, porte-parole du syndicat, aux journalistes de l'AFP. Actuellement, le prix moyen du litre de gazole détaxé atteint 1,09 euro, une augmentation significative par rapport aux 64 centimes du début de la crise énergétique début mars, selon l'Observatoire du carburant.
Une action similaire avait été envisagée par les pêcheurs méditerranéens pour début avril, en concertation avec les comités du sud-est de la France (Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA) et Corse). Cependant, Bernard Perez, président du Comité régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CRPMEM) Occitanie, a précisé qu'ils avaient finalement décidé de privilégier les négociations avec le gouvernement plutôt que d'aller à la grève.
Dans le cas des pêcheurs corses, la mobilisation est jugée nécessaire, car ils continuent de subir des prix plus élevés que ceux de leurs homologues du continent. "Il est impératif de rétablir un équilibre entre la Corse et le continent, et de prendre en compte que les pêcheurs du continent paient leur carburant 45 à 50 centimes moins cher", a insisté M. Sanna.
"Dès aujourd'hui, soit nous trouvons un accord et une solution, soit nous maintenons le blocage aussi longtemps que nécessaire", a-t-il conclu, soulignant l'urgente nécessité d'une action corrective face à cette situation.







