Le 17 décembre 2025, un gendarme âgé de 29 ans a porté plainte, révélant six années de harcèlement et de discrimination raciale au sein de la garde républicaine. Selon les informations de l'AFP, une enquête a déjà été lancée par la gendarmerie nationale suite à ces allégations.
« J'ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne », « Tu me tombes pas dans les bras pendant le ramadan ». Ces phrases, prononcées par son commandant, ont marqué le début d'une ère sombre pour le militaire. Il se souvient avec amertume de ce premier rendez-vous, confondant l'absurde avec la réalité. Malheureusement, cette rencontre s'est rapidement transformée en une période de suspicion permanente.
Le 16 décembre dernier, le gendarme a découvert un courriel anonyme dans sa boîte aux lettres : « On est en France ici, habille-toi comme tel sale bougnoule », une référence à une tenue algérienne qu'il portait lors d'un mariage. Cette agression verbale l'a poussé à agir en justice pour dénoncer « six années de racisme ». Le lendemain de son dépôt de plainte, il a été entendu par les gendarmes.
« Je vais te demander de te faire très petit »
Pour ce militaire, les « six années à la Garde républicaine » n'ont été qu'une accumulation de commentaires racistes et dégradants. Un jour, son commandant lui aurait lancé : « C’est des Blancs, ils n’ont pas l’habitude de voir des Arabes du 93 en jogging ». Les stéréotypes ont coulé à flots. Le jeune homme se souvient aussi d'un gradé lui demandant avec une véhémence troublante : « Je vais te demander de te faire très petit et de t’acclimater ».
Des situations humiliantes ont continué à se présenter. Après l'interpellation d'un assaillant, des collègues se sont demandé si le militaire le connaissait « parce qu’il parlait arabe ». Cette méfiance, il l'a également vécue avec ses proches, qui ont été sujets à des contrôles injustifiés. « Mes visiteurs étaient traités comme des délinquants », a-t-il déclaré.
D'autres incidents inquiétants ont également été rapportés, tels que des tentatives d'intrusion dans son domicile par un supérieur et des insinuations à l'encontre de sa femme, le tout reflétant un climat de suspicion et de dédain à son égard en raison de ses origines. « Chez les rebeus, il y a des violences, c’est normal chez vous », lui aurait-on dit.
« Si le racisme frappe jusque-là, il frappe partout »
Son avocat, Seydi Ba, a condamné la situation en déclarant : « Servir la France pendant toutes ces années n’a pas protégé mon client du racisme au sein même de son institution. Si le racisme frappe jusque-là, il frappe partout ». La gendarmerie nationale, contactée par l'AFP, a reconnu l'ouverture d'une enquête, tout en faisant référence à un « plan d'action intolerance zéro » et à un « observatoire pour l'égalité et contre les discriminations » mis en place récemment.







