Après plusieurs années de déclin, le nombre de médecins en France montre enfin des signes de hausse, avec une augmentation de 1,9 % en un an. Les prévisions indiquent même une hausse de 40 % d'ici 2040. Toutefois, l'accès aux soins demeure inégal, mettant en lumière les défis spécifiques rencontrés en Corse.
Récemment, le Conseil national de l'ordre des médecins a publié son atlas démographique, comparant les données actuelles à celles de 2010. Cet atlas offre un aperçu précieux de la situation médicale, tant pour la France que pour la Corse.
Ainsi, au premier janvier 2026, la Corse comptera 1225 médecins, répartis entre 604 en Haute-Corse et 621 en Corse-du-Sud, représentant 0,5 % des praticiens en France. L'âge moyen des médecins sur l'île est de 53,7 ans, ce qui, bien que supérieur à celui d'il y a quinze ans, reste au-dessus de la moyenne nationale, désormais sous les 50 ans. Selon Bruno Manzi, président de l'ordre des médecins de la Haute-Corse, le passage d'un numerus clausus strict a contribué à cette situation : « En 1975, il y avait 8000 reçus au concours, aujourd'hui on peine à atteindre 3000. »
Le nombre de femmes médecins connaît une progression significative, bien qu'elles demeurent en minorité, représentant 39,9 % des praticiens en Haute-Corse et 43,2 % en Corse-du-Sud.
En moyenne, la France affiche 1,71 médecins pour 100 000 habitants. En Corse, le chiffre varie : le 2A se distingue avec 2,4 médecins pour 100 000 habitants, tandis que le 2B stagne à 0,5. Concernant la médecine générale, la Corse maintient un taux supérieur à la moyenne nationale, avec 135,5 médecins pour 100 000 habitants en Corse-du-Sud et 123,6 en Haute-Corse.
Cependant, certaines spécialités médicales font défaut sur l'île, telles que la dermatologie, la gériatrie, la gynécologie et la neurologie. En revanche, la Corse se classe parmi les meilleures régions en psychiatrie. En outre, la problématique des déserts médicaux touche l'île avec environ une centaine de zones identifiées à l'échelle nationale. Les communautés de communes telles que Pasquale Paoli et l'Oriente en souffrent particulièrement. Des initiatives, qualifiées de « médecins solidaires », sont mises en place pour attirer temporairement des praticiens d'autres régions.
En conclusion, si la Corse voit le nombre de médecins en activité progresser, des inégalités persistent, nécessitant des actions ciblées pour garantir un accès équitable aux soins pour tous les citoyens.







