La France traverse une période délicate, avec près de 18 % de ses stations-service en rupture de carburant après le long week-end de Pâques. Cette situation, qualifiée de "problématiques logistiques" par le gouvernement, incite à envisager de nouvelles aides pour calmer les mécontentements croissants dans divers secteurs.
Le géant TotalEnergies a, de son côté, prolongé le plafonnement de prix sur le carburant, relevant même le plafond du diesel à 2,25 euros, tout en maintenant celui de l'essence à 1,99 euro. Cette situation a engendré, dans certaines régions, des pénuries, comme à Bordeaux, où certaines stations ne proposent que du bioéthanol.
Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie, a déclaré sur RMC/BFMTV qu'environ 18 % des stations du pays connaissent une rupture temporaire d'un ou plusieurs carburants, un chiffre en hausse par rapport au précédent recensement distribué par la Direction générale de l'énergie et du climat.
Malgré ces ruptures, Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), rassure en affirmant que les réapprovisionnements sont en cours et qu'"il y a encore quelques semaines de visibilité". Pourtant, le prix du carburant continue d'augmenter, l'essence SP95-E10 ayant grimpé de 30 centimes le litre depuis la guerre au Moyen-Orient, atteignant en moyenne 2,018 euros.
Cette flambée des prix a un impact direct sur le quotidien des Français. Margot, autoentrepreneuse, témoigne avoir dû interrompre son activité, n'ayant pas les moyens de payer son carburant. Parallèlement, des manifestations ont lieu à Nantes, organisées par des entreprises de travaux publics, dénonçant l'augmentation des prix du gazole et de gazole non routier, comme l'indique la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage.
En Corse, la situation est encore plus critique, avec des ports bloqués par des pêcheurs réclamant la fin de la "spirale meurtrière" des prix des carburants. En réponse, le gouvernement envisage un dispositif d'aides ciblées pour les professions les plus touchées, telles que les aides-soignants et certains agriculteurs.
Bien que la porte-parole du gouvernement refuse une aide universelle ou un blocage des prix, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, appelle à mettre en place un prix maximum de 1,70 euro par litre à la pompe.
Les autorités ont par ailleurs sollicité la Commission européenne pour enquêter sur les marges des raffineries afin de garantir qu'il n'y ait pas d'abus. Plusieurs pays européens, dont l'Espagne et l'Allemagne, soutiennent l'idée d'une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques face à cette crise des prix du carburant.







