Le Premier ministre Sébastien Lecornu a exprimé, mardi, des accusations sévères à l'encontre de La France insoumise (LFI), soutenant qu'elle contribue à la "banalisation du racisme" et qu'elle joue avec l'ambiguïté dans sa lutte contre les discriminations. "Il n'y a pas de discrimination à la carte", a-t-il souligné.
S'adressant à Mathilde Panot, cheffe du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Lecornu a déclaré : "Vous participez à une banalisation du mal, ce qui est dangereux pour notre cause." Ses propos interviennent alors qu'elle l'interrogeait sur la réaction de l'exécutif face à des remarques jugées racistes envers le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, lors de discussions sur CNews fin mars. Elle a critiqué des "condamnations à retardement" de la part du gouvernement et a regretté l'absence de plusieurs membres du cabinet à un rassemblement contre le racisme à Saint-Denis.
"Vous avez créé de l'ambiguïté, insinuant que le gouvernement de la République pourrait être raciste, faisant croire que ceux qui soutiennent votre mouvement pourraient l'être également", a répondu Lecornu. Les ambiguïtés relevées par le Premier ministre ne s'arrêtent pas là. Il a insisté sur le fait qu'il ne devrait y avoir aucune acceptation de discriminations, qu'elles soient liées au racisme, à l'antisémitisme ou à l'homophobie. "Ce qui est inacceptable pour l'un est inacceptable pour tous", a-t-il martelé, en évoquant les allégations récurrentes d’antisémitisme à l'encontre de la direction de LFI.
Par ailleurs, Lecornu a rappelé avoir demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de se constituer partie civile dans le cadre d'une enquête ouverte à Paris suite à des injures à caractère raciste. Ce dossier a pris une tournure judiciaire depuis ces événements.
Samedi dernier, plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées à Saint-Denis pour apporter leur soutien à Bally Bagayoko et dénoncer le racisme, témoignant d'une volonté collective de faire front contre les discriminations, comme le rapporte Le Monde.







