Gérard Depardieu a fait un choix surprenant en se désistant de ses poursuites contre France Télévisions, où il critiquait le montage d'un reportage de "Complément d'Enquête". Ce document évoque des commentaires déplacés de l'acteur sur les femmes, et une scène où une jeune fille apparaît. Ce retournement a été confirmé au tribunal correctionnel de Paris, qui a ainsi constaté "l'extinction de l'action publique".
L'avocate de Depardieu, Delphine Meillet, a précisé que cette décision s'appliquait également à France Télévisions, à sa présidente Delphine Ernotte-Cunci, ainsi qu'à la société de production Hikari et aux auteurs du reportage diffusé en décembre 2023. Ce dernier avait pour but de révéler les comportements problématiques de l'acteur avec la gent féminine.
Ce retournement marque un changement radical pour l'ancien héros du cinéma. L'avocat précédent, Jérémie Assous, avait exprimé sa rage au tribunal en qualifiant le montage de "déloyauté absolue", estimant que le reportage avait provoqué une "polémique nationale" destructive pour la carrière de Depardieu. Selon Assous, les remarques évoquées dans le haras nord-coréen étaient en réalité destinées à une femme adulte absente des images.
Pour France Télévisions, cette décision de désistement met fin à une saga juridique longue de deux ans, marquée par de nombreuses controverses et des accusations sur la fiabilité des équipes de "Complément d'Enquête". Deux rapports d'expertise ont conclu que l'acteur avait effectivement tenu des propos à connotation sexuelle envers une enfant, tout en démentant toute manipulation des images.
L'avocate de Depardieu a justifié ce retrait par une volonté d'"apaisement" et le désir de son client de "se tenir loin du fracas" médiatique. Cependant, elle a précisé que Depardieu maintenait ses critiques sur le manque d'objectivité du reportage.
Le reportage intitulé "La Chute de l'ogre" avait provoqué une grande onde de choc. À côté des propos controversés de Depardieu figuraient des accusations graves de violeur portées par la comédienne Charlotte Arnould, ainsi que d'autres témoignages de femmes sur des agressions sexuelles. Celles-ci ont suscité une réaction immédiate dans l'opinion publique.
Un soutien inattendu est venu du président Emmanuel Macron, qui a exprimé son admiration pour Depardieu, défendant l'idée que le montage aurait pu être biaisé : "J'ai vu les images, et il y a eu des polémiques autour des mots qui ne correspondaient pas aux images", a-t-il déclaré.
À l'audience d'octobre, la défense avait cité ce soutien présidentiel pour plaider la cause de Depardieu. "Il est mieux informé que certains", avait alors affirmé Me Assous, qui reste l'avocat de Yann Moix.
Entre-temps, Gérard Depardieu devra se présenter en novembre devant la cour d'appel de Paris, alors qu'il est accusé d'agressions sexuelles sur deux femmes lors d'un film en 2021, et qu'il a déjà été condamné à 18 mois de prison avec sursis. De plus, un renvoi devant la cour criminelle pour viols sur Charlotte Arnould a été décidé récemment, décision à laquelle l'acteur a fait appel.
Dans un communiqué, son avocate a indiqué qu'il souhaite désormais recentrer son énergie sur l'essentiel de sa vie : l'art, la curiosité, la spiritualité et ses proches. Parallèlement, Yann Moix, qui soutient que son voyage en Corée du Nord faisait partie d'un projet de fiction, poursuit sa propre procédure contre la société de production Hikari pour abus de confiance.







