Le projet d'autonomie de la Corse a enfin franchi une étape cruciale de son parcours parlementaire, s'apprêtant à être examiné à l'Assemblée nationale. Le 5 mai, il a été soumis à la commission des Lois, marquant une réunion préparatoire durant laquelle les différents groupes parlementaires ont partagé leurs premières impressions sur le texte, qui ne manque pas de créer des divisions.
Cette session a permis de poser les bases sur le calendrier des travaux et de désigner Florent Boudié comme rapporteur, un député du groupe Ensemble pour la République, représentant la Gironde, qui prévoit de se rendre en Corse avant la fin du mois de mai.
Lors de cette réunion, à laquelle quatre députés corses ont assisté, chaque groupe a pu faire entendre son point de vue. Michel Castellani, membre du groupe LIOT, s'est montré favorable au projet, exprimant sa satisfaction quant à ce premier échange malgré certaines réserves émises par d'autres parties. Il a également remarqué que la gauche représentait une mosaïque d'opinions qui, parfois, se confrontent.
Des opinions partagées sur l'évolution des compétences
Le député nationaliste a souligné que, dans l'ensemble, le sentiment est positif, mais deux groupes ont marqué leur désaccord. Philippe Gosselin, représentant les Républicains, a évoqué des tensions potentielles au sein de sa formation. De son côté, M. Rambaud du Rassemblement National a exprimé son opposition, craignant un risque de fracture territoriale et de dérives communautaristes, une analyse qui, selon Castellani, ne correspond pas à sa propre vision des choses.
Des réserves sur la législation décentralisée
François-Xavier Ceccoli, député LR de Haute-Corse et présent à la réunion, a également partagé ses doutes concernant la capacité à légiférer sans un contrôle strict du Parlement. Il a réaffirmé que, malgré la nécessité d'une décentralisation accrue pour les territoires, il est impératif de définir des lignes rouges. "Nous devons nous assurer que la capacité à créer des lois demeure encadrée", a-t-il déclaré, tout en évoquant l'héritage du général de Gaulle en matière de décentralisation.
Les débats autour de l'autonomie de la Corse continuent ainsi, posant un dilemme complexe à résoudre au sein du paysage parlementaire français.







