Le vieillissement de la population entraîne une augmentation significative des besoins en matière d'accompagnement à domicile. Pourtant, le secteur de l'aide à domicile est en proie à des difficultés de recrutement. Marie-Christine, une professionnelle de ce domaine, souligne le manque d'effectifs et les conditions de travail éprouvantes : "Ces jeunes femmes effectuent de nombreux déplacements dans une même journée pour apporter leur aide à plusieurs personnes. C'est un travail épuisant, stressant, et le manque de personnel amplifie cette situation."
Annie, ancienne auxiliaire de vie, renchérit : "Les Corses ne refusent pas ce métier, mais beaucoup ont leur propre famille ici. De plus, la rémunération est très insuffisante, autour de 9 euros de l'heure, alors que ces auxiliaires parcourent souvent de longues distances. Bien qu'elles reçoivent des indemnités kilométriques, cela ne compense pas les heures de trajet non rémunérées."
Malgré les défis, des aides à domicile bénéficient d'indemnités kilométriques, qui peuvent atteindre 50 centimes par kilomètre en Corse grâce au soutien de la Collectivité. Jacques Andreani, directeur de l’ACPA (Association Corse pour l’Aide, les Soins et les Services à Domicile), estime que le manque de personnel pourrait atteindre 39 % dans les prochaines années, alors que la population des personnes âgées dépendantes continue de croître.
En effet, la Corse comptait environ 11 000 personnes dépendantes en 2015, un chiffre qui pourrait atteindre 21 000 d'ici 2030. L'INSEE prévoit également que la proportion des plus de 65 ans passera de 25 à 34 % de la population d'ici 2040. Ce phénomène touche également les travailleurs du secteur, près de 60 % des aides à domicile ayant plus de 50 ans. Ainsi, bien que la demande soit de plus en plus forte, l'offre de personnel qualifié reste insuffisante.







