Le dessinateur italien Zerocalcare, connu pour son regard incisif sur le monde moderne, dévoile sa troisième série animée, « Pour un sou », sur Netflix. Avec un allié de choix, son alter ego fictif Zero, il aborde le désenchantement de la génération millénaire qui s'accroche à ses rêves tout en luttant contre la réalité.
Selon La Stampa, “la touche personnelle de ses œuvres et son souci du détail” font de Zerocalcare un artiste unique qui révolutionne la bande dessinée et l'animation italienne sans se prendre trop au sérieux.
Diffusée depuis le 27 mai, « Pour un sou » clôt une trilogie qui a débuté avec « À découper suivant les pointillés », une exploration des crises de la trentaine, et s'est poursuivie avec « Ce monde ne m’aura pas », qui abordait la fameuse rançon du succès. À travers les yeux de Zero, quadragénaire au cœur de l'animation, le public découvre les complexités des relations humaines, tout en se demandant si l'amitié peut survivre aux difficultés financières.
Une immense projection
Cette nouvelle œuvre met en lumière des thématiques lourdes : violence domestique, harcèlement, et masculinité toxique. « Le mal-être épique, cher à Zerocalcare, revient avec des récits poignants et des personnages captivants. » Comme le souligne La Stampa, l'artiste sait jongler entre légèreté et sérieux, rendant accessible des sujets complexes.
En effet, la série a remporté un accueil enthousiaste lors de sa projection au Circo Massimo à Rome, rassemblant plus de 10,000 spectateurs, selon Rolling Stone Italia. Avec un style narratif mélancolique ancré dans le quartier de Rebibbia, Zerocalcare attire les Italiens en capturant l'essence de leur quotidien, marqué par les crises et l'isolement.
Dans « Pour un sou », Zero croise le chemin de Smeralda, une ancienne compagne, ce qui le plongera une fois de plus dans une introspection émotionnelle, explorant les défis de l'amour à quarante ans. Un récit tendre et authentique, remplissant le spectateur d'une douce mélancolie.
Un mal-être générationnel
Zerocalcare, en tant que créateur, n'hésite pas à aborder des thématiques douloureuses et intimes, révélant les questionnements des milléniaux désenchantés. « La vraie crise est émotionnelle, mais elle est collective : à quoi bon tout cela si je finis seul comme un chien ? » interroge Rolling Stone, soulignant le malaise partagé de sa génération.
Ce passage difficile vers l'âge adulte résonne avec une jeunesse confrontée à une crise de l'emploi particulièrement dure en Italie. « Je viens d’une génération qui espérait une émancipation mais se retrouve isolée et pauvre. Une identité commune s’est brisée », conclut Zerocalcare.







