Alors que la question de l'autonomie de l'île se débat au sein de l'Assemblée, il est fascinant de se pencher sur les racines de son rattachement à la France en 1768. Ce mardi, les députés examinent une réforme visant à accorder une autonomie accrue à l'Île de Beauté, permettant à la Corse d'adapter certaines lois et normes à son territoire. Ce projet de loi, issu des annonces d'Emmanuel Macron en 2022 et 2023, s'inscrit également dans un effort de compromis avec l'Assemblée de Corse.
Pourtant, le chemin vers l'adoption de cette réforme n'est pas sans embûches. Elle doit d'abord être validée par l'Assemblée, puis le Sénat, et enfin obtenir l'approbation de 3/5e des parlementaires réunis. De plus, son application sera régie par une loi organique à venir, marquant ainsi une nouvelle étape dans l'histoire de la Corse, qui a connu un parcours des plus singuliers avant de devenir française.
Une administration cédée à la France en 1768 : un tournant décisif
Avant son intégration officielle à la France métropolitaine, la Corse a vécu une histoire tumultueuse, peuplée depuis le néolithique. L'île a vu passer de nombreux occupants, allant des Phocéens aux Etrusques, en passant par les Romains. Au XIe siècle, elle est tombée sous la domination des Pisans, puis a été administrée par la République de Gênes depuis le XIIIe siècle jusqu'en 1768, malgré les mouvements de résistance menés par Pascal Paoli au XVIIIe siècle.
Dans les années 1760, la République de Gênes, accablée par des dettes envers la France, a été forcée de céder la Corse par un traité, rendant ainsi l'île passablement française malgré une résistance locale acharnée. La défaite de Paoli à la bataille de Ponte Novo en 1769 a marqué un tournant dans cette bataille pour l'indépendance. Comme l'indique Michel Vergé-Franceschi, historien, l'intégration définitive de la Corse à la France a été entérinée en 1789, lorsque des députés corses ont réclamé en vain une reconnaissance solennelle de leur nouvelle condition politique.
La Corse, à travers cette riche histoire, se trouve aujourd'hui à un carrefour crucial. Le débat sur son autonomie pourrait redéfinir son identité au sein de la République française, tout en rappelant les luttes séculaires de son peuple pour conserver sa spécificité.







