« On nous a donné une spécialité en basque et une autre en français, mais nous, on apprend tout en basque. Ça n’a pas de sens, c’est plus dur dans les reformulations et les mots techniques », affirme Eneko Heurtebize, 17 ans. Mercredi, près de 200 lycéens se sont rassemblés devant la sous-préfecture de Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques, pour revendiquer le droit de passer leur bac entièrement en basque.
Cette mobilisation fait suite aux déclarations d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, qui le 24 mai a évoqué la possibilité pour les lycéens apprenant le basque, le breton ou le corse de passer une épreuve de spécialité dans leur langue régionale à partir de 2028, suscitant ainsi des frustrations.
Des actions symboliques pour une reconnaissance
Eneko se dit convaincu que cette annonce est « un premier pas », mais il estime que ses camarades n'ont pas encore été « totalement entendus ». En guise de protestation, les élèves ont laissé devant les grilles de la sous-préfecture des « verres à moitié plein » d’eau, symbolisant ce qu'il reste à faire pour que l’État leur permette de passer leur baccalauréat intégralement en basque.
Tous deux, avec leurs camarades, prévoient de composer leur épreuve anticipée de mathématiques le 12 juin en basque, malgré un flou persistant autour de la correction de cette épreuve. « On nous a dit que ce serait corrigé et qu’on ne serait pas pénalisés », assure Eneko.
Les défenseurs de la langue basque ont également fait savoir qu’ils avaient obtenu le droit pour les lycéens bascophones de passer cette épreuve dans leur langue dès juin. Cette décision contraste avec les déclarations d’Édouard Geffray dans le journal Sud Ouest, qui affirmait que ce n'était pas le cas.







